Une journée à Pornic [sans voiture]

C’était une escapade un peu comme un rêve. Une envie folle de voir la mer, l’envie de mettre les doigts dans le sable, avoir les cheveux qui s’affolent autour du visage. Et peut-être un peu plus…

Nous étions à Nantes. De là, il y a des trains (et des bus) pour aller à Pornic.
Alors notre escapade s’appela Pornic.

Le rêve, ça se mérite

Et puis finalement il n’y avait pas tant de train. La journée tranquille semblait plus compliquée à organiser que je ne l’avais envisagé. J’ai bien envisagé de laisser tomber. Mais quand on vit en Alsace, l’océan et le sable sont loin, jusqu’à oublier leur existence. Alors qu’à Nantes, tout nous rappelle que nous y sommes… presque.

Alors nous avons programmé le réveil pour 6 h du matin, nous avons bouclé notre sac pour la journée avant d’aller nous coucher. Le chat que nous gardions m’a réveillé plusieurs fois en miaulement tout ce qu’il pouvait à 1 h puis à 3 h. Comme tous les jours. Alors à 6 h, j’ai pris un certain plaisir à le réveiller à mon tour, pour ne pas oublier de lui donner son médicament avant de partir, pour avoir assez de lumière pour glisser le petit déjeuner du frigo au sac à dos.

N’y-a-t-il que moi pour sentir grandir l’excitation plus le train avance et se rapproche de sa destination ? Mes yeux dévoraient le paysage, la brume qui hésitait entre le sol et l’envol puis, enfin, les premières images de l’océan Atlantique.

Nantes Pornic en train

Les rues de Pornic étaient presque désertes. Nous avons grimpé dans le quartier de Gourmalon, pour redescendre jusqu’à la plage de la Source. Et quand enfin les cabanes de pêcheurs, les vagues, les bleus du ciel et de la mer se sont offerts à nous, nous avons pris place sur un banc pour savourer notre petit déjeuner.
Nous avions faim depuis un petit moment, mais comme un accord tacite, il était hors de question de ne pas s’en tenir au plan. Prendre le petit déjeuner les yeux plantés dans l’océan.

Sur la plage de la Source, un shooting photo avait lieu dans le calme. Quelques retraités sortaient de l’eau. Finalement un tracteur est même venu ratisser le sable. Nous avons alors eu l’honneur d’y laisser les premières empreintes de pas, puis de grimper sur les rochers, de sourire, de n’être que nous deux, dans une bulle unique.

Cabane de pêcheurs à Pornic

J’ai envie de ne retenir que ça de notre journée. Cette perfection de l’instant, cette ancrage dans le présent, la beauté des lieux, le silence de l’homme et la présence constante des vagues.

En direction du centre de Pornic

J’aimerai vous dire que j’étais alors prête à prendre le train retour, car j’avais eu tout ce que je souhaitais de notre escapade à Pornic. Sauf qu’en réalité je suis incapable de m’arrêter, surtout face à l’inconnu. Hors de question de ne pas découvrir la ville, ses maisons, son fish & chips, sa faïencerie.

Nous avons rejoint le centre grâce au sentier côtier (le sentier des douaniers), nous promenant le long des belles demeures et admirant les départs en mer des amateurs de voiles.

Sentier des douaniers à Pornic

Belle maison Pornic

Port Pornic

Nous avons fait halte à l’office de tourisme où on nous a offert le livret rando jeu comprenant deux rallyes pour découvrir la ville.

Nos yeux de rêveuses ont laissé la place aux yeux de curieuses qui veulent en savoir le plus possible. L’exploration du centre s’est faite avec le rallye, tentant de trouver la réponse aux différentes questions. J’ai trouvé l’ensemble assez difficile et je ne suis pas convaincue que ce soit la meilleure façon de découvrir la ville avec des enfants. Mais cela nous a permis d’avoir un circuit et de savoir où lever la tête.

église de Pornic

Manger dans Pornic

On me l’avait dit une dizaine de fois, aussi bien à Nantes qu’à Pornic, s’il n’y avait qu’une seule chose à manger sur place, ce serait une glace de la Fraiseraie, le glacier si incontournable qu’il a à présent des stands dans de nombreuses villes du secteur. On m’avais aussi signalé qu’il faut s’armer de patience car les gourmands sont nombreux.

Ce que je n’avais pas prévu c’est que nous serions devant le glacier à 11 h, qu’il serait fermé, mais pas sa boutique. Nous y avons fait un tour par curiosité et sommes ressorties avec une glace… Je me demande si le fait de prendre une glace avant le déjeuner, juste parce que c’est possible (c’est moi l’adulte responsable après tout), cela ne rend pas la glace encore meilleure.

manger à Pornic : la fraiseraie

Pour le déjeuner, j’avais choisi le Fish & Chips (on m’en avait vanté le dessert). J’adore le plat britannique qui donne son nom à l’établissement et justement la propriétaire est britannique. J’ai beaucoup aimé, surtout que si la terrasse est de l’autre côté du port par rapport à toutes les adresses touristiques, cela permet d’avoir une jolie vue.
Le dessert était plus que largement à la hauteur de mes espérances (un bananoffee avec banane, confiture de lait et speculoos).

Fish & Chips à Pornic

Enfin, on m’avait conseillé de faire halte chez le pâtissier Gavet, entre autre pour trouver des bonbons pour Nine et ses articles. Malheureusement c’est fermé le mardi !

La faïencerie de Pornic

Si vous avez déjà voyagé en Bretagne, vous connaissez probablement ces bols blancs, avec une décoration bleue et un prénom. Le fond du bol est orné d’un couple de petit breton. Si un grand nombre de ces bols viennent de Chine, de nombreux autres sortent directement des ateliers de décoration de Pornic.

Une journée à Pornic : voir la faïencerie
Les prénoms sont tous, systématiquement, écrits à la main
Modèle breton faïencerie de Pornic
Le modèle le plus célèbre représente un couple de bretons en tenue traditionnelle

La visite était passionnante et je prévois donc un article strictement dédié à la faïencerie. Hors pandémie, on peut visiter l’usine. Actuellement, on peut juste s’inscrire à un atelier de personnalisation d’objets (on peint soi-même, l’objet est peint, on le récupère 3 jours plus tard) et avoir accès à la boutique d’usine. Dans le fond de la boutique se trouve une salle vidéo pour découvrir tout le processus de fabrication.

Bien sûr nous sommes revenues avec un bol, sans prénom (ceux qui nous connaissent savent que c’était une mission impossible), mais un bol que Nine a prévu de décorer avec des feutres dédiés.

Un dernière tour sur la plage

De la même façon qu’il n’y avait pas vraiment de choix pour le train du matin, il n’y avait que deux trains en fin de journée. Nous avions donc le temps de retourner sur la plage. Je me doutais que l’ambiance serait différente et d’ailleurs je ne voulais pas retourner sur notre petite plage du matin.

Toutefois, à pied, avec pour objectif de terminer la balade à la gare, la plage de la Source est ce qui me semblait être le mieux situé. La marée montait, la plage avait rétréci et chaque centimètre de sable semblait occupé. C’est tellement étrange de découvrir dans la même journée la deuxième facette d’un même endroit. Je n’ai qu’une envie : revenir en hiver.

Alors du regard j’ai fui les vacanciers, les maillots de bain et les rires un peu trop gras dissimulant quelques bouteilles de bière et j’ai dessiné tranquillement les cabanes de pêcheurs, un œil sur l’heure.

Le retour était bien plus silencieux, entre fatigue et plaisir d’une journée à deux, dans un décor devenu bien trop rare dans notre quotidien.

Je crois que c’est vraiment face à la mer que notre vie nomade me manque le plus !

Pornic son port et son château

6 commentaires Ajoutez les votres
  1. Je comprends ce que tu veux dire quand tu parles de ce que tu éprouves en voyant la mer.
    Je passais toutes mes grandes vacances à la mer étant petite et il faut que j’y aille au moins une fois dans l’année, ne serait-ce que pour respirer l’air iodé à plein poumon et y baigner mes pieds.
    Lorsque l’on va à la mer, on dirait une enfant qui la decouvre pour la première fois à chaque escapade !

    1. Par contre moi je n’y trempe même pas les pieds, c’est vraiment la vue qui me plaît, l’horizon immense.
      D’ailleurs petite je n’aimais pas les vacances à la mer, puisque le but était de se baigner et lézarder. C’est en passant tout un hiver au bord de la Méditerranée que j’ai vraiment appris à aimer les paysages.

  2. Merci pour ton récit 🙂 je n’ai pas vu la mer depuis quatre ans, l’océan depuis… je ne sais même plus ! neuf ans ?
    Ton passage sur les glaces avant le repas m’a fait bien rire ! en ce moment, les filles demandent souvent de la glace, avec cette chaleur, et considérant que l’estomac n’a pas envie de froid alors qu’il digère le repas, on a décidé d’un commun accord que ce serait l’apéro… 🙂

    1. Mais que faisons-nous si loin de toute étendue d’eau dans laquelle le regard se perd ?
      J’aime bien l’idée de la glace en apéro, mais je crois qu’ensuite je n’aurai plus faim, tellement j’ai pris l’habitude du sucré comme conclusion du repas !

  3. Très bel article porteur d’une joie intemporelle ! Elle me rappelle un de mes livres d’enfant favoris dans laquelle les personnages atteignaient enfin la mer après un long périple : « La mer ! Quelle belle journée…  » (l’expression est restée).
    J’aime particulièrement les cabanes de pêcheur…et je suis curieuse de tes dessins 🙂

    1. Il va me falloir encore quelques années (ou décennies) de pratique avant que je n’ose montrer mes dessins. Je ne prends pas assez le temps de le faire et donc d’entraîner mes yeux et ma main.
      Merci pour ton message !

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