Garde-robe du voyageur longue durée

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Au moment du départ nous avions empaqueté une semaine de vêtements, selon les habitudes de chacun (comprendre que ma fille a, en quantité, beaucoup plus de choses que tout le monde).
Je pensais que ces vêtements nous dureraient toute l’année. J’avais après tout dans mon armoire des débardeurs achetés au lycée et que je continuais à porter régulièrement tous les étés. Pareil pour certains pulls. Je n’arrive que difficilement à renouveler mon armoire, n’osant acheter à nouveau tant que rien n’est parti de chez moi, direction la poubelle ou l’armoire d’une amie.

Mais la réalité est tout autre.
Après quatre mois de voyage, j’ai déjà acheté une nouvelle paire de chaussures pour moi et deux pour Nine. Ne vivant qu’avec une paire chacun, nous les usons un peu tous les jours. J’ai surtout jeté deux paires de chaussettes, une paire de collants, un tshirt manche longue. Des vêtements usés comme je n’en avais jamais eu chez moi ! J’utilise encore mon pantalon d’intérieur / pyjama malgré des petits trous qui sont apparus il y a peu de temps.
Ce sont des vêtements qui sont lavés une fois tous les six jours en moyenne, qui sont donc portés tout le temps. Qui vivent avec nous, en balade, devant mon pc, sous la pluie grecque constante ou dans la chaleur de Kalamata. Certains ont été portés et donc lavés plus souvent pour me permettre de survivre aux températures réfrigérantes de Zagreb, où j’optais pour la superposition des épaisseurs.

Enseigne d'un magasin de sacs à main à Castellammare del Golfo (Sicile)
Enseigne d’un magasin de sacs à main à Castellammare del Golfo (Sicile)

Je n’ose racheter pour le moment. Une question d’argent avant tout. Mais aussi une réflexion sur nos achats, leur durée de vie. Est-ce vraiment pertinent d’acheter si cher des chaussures qui finalement ne me serviront que quelques mois ? Mais dans ce cas-là, si j’achète moins cher, est-ce qu’elles vivront plus de trois semaines ?
La simplicité, entre autre dans nos armoires, revient souvent dans les discussions entre écologistes actifs. On conseille de vider nos armoires, de garder des vêtements simples aux couleurs sobres, de les utiliser vraiment. Et au moment de renouveler la garde-robe d’opter pour de l’occasion. Je me demande aujourd’hui vers quelle simplicité vont ces personnes. Ont-elles de quoi s’habiller en changeant de tenue tous les jours pendant une semaine, deux semaines ? C’est une question un peu stupide, car en nombre de jour « porté » nos vêtements ont probablement la même durée de vie. C’est seulement plus facile pour moi de calculer et de mesurer l’usure.
Mais je regrette finalement d’avoir opté pour le don de tant de choses. Car aujourd’hui je vais devoir acheter du neuf. J’aurais ainsi pu stocker dans une valise (existante) patientant chez les parents de mon namoureux. Je pensais l’avoir fait, mais en passant une semaine avec sa famille, mon namoureux n’y a découvert que des draps de lit et un kilt. Enfin j’exagère, car il y avait un tshirt, un pull et deux culottes. Aucune idée de la logique que j’avais à ce moment-là. Une certitude, j’aurai pu laisser quelques petits trucs en plus, j’aurai pu jouer la carte de l’utilisation optimale et limiter la consommation de produits neufs.
Mais c’est un peu ridicule car à ce moment là, je ne savais pas que l’un d’entre nous retournerait en France temporairement. Je me torture probablement l’esprit inutilement. Et pendant ce temps-là, je n’ose me rendre dans un H&M, me demandant si Emmaüs a un équivalent italien. Je ne suis pas dans le manque et je n’ai pas l’air d’une miséreuse. Je n’aurai rien contre une paire de collants en laine de plus, par contre. Difficile de faire tourner mon seul pantalon avec ma seule robe, quand il fait 12° et que je devrais me promener les jambes nues… Heureusement en Sicile le linge est sec en quelques heures. Si on n’oublie pas de le rentrer quand il se met à pleuvoir.

En attendant je comprends mieux finalement que tant de personnes (probablement plus prévoyante que moi) décident de s’équiper de neuf. Des vêtements conçus spécifiquement, qui les cataloguent comme touristes, mais qui leurs épargneront très probablement de chercher un pantalon taille 41 au fin fond de l’Asie du Sud-Est. Partir avec de l’occasion (la notre ou celle d’Emmaüs) offre très certainement la possibilité de se fondre dans la masse (en tout cas en Sicile j’y parviens sans mal), mais pas forcément de faire de vraies économies sur du long terme (et donc d’avoir un impact écologique plus faible).

Séance shopping au Grand Bazar d'Istanbul (Turquie)
Séance shopping au Grand Bazar d’Istanbul (Turquie)

Je crois que ce qui m’ennuie également dans cette réflexion, c’est l’idée de me trouver un beau pull, un joli vêtement qui me rappellera ces mois passés en Sicile. Mais il ne sera pas acheté dans le but de servir de souvenir, il ne finira pas dans une quelconque armoire, ressorti une fois de temps en temps, me vantant alors de l’avoir acheté à Palerme. Il sera porté, toutes les semaines, jusqu’à finir totalement usé, abandonné et jeté dans la poubelle d’un autre pays, sans avoir peut-être jamais posé une maille sur le sol français.
Alors en attendant, je continue à porter mon pantalon d’intérieur, rejetant loin de mes pensées quotidiennes les deux petits trous sur la cuisse. Après tout, on ne les voit même pas.

8 commentaires Ajoutez les votres
  1. Ah la gestion des vêtements !
    Je trouve que c’est tellement nous les mamans qui nous cassons la tête avec ça en plus…(c’est bien moi qui fait remarquer à Chéri que ses pull ont des trous béants). Lorsque nous partons à plus long terme, je donne beaucoup avant de revenir (car souvent ça ne fera plus en rentrant).

    À Bali, les vêtements étaient lavés en commun avec le voisinage (chez la blanchisseuse du coin). Ça changeait de couleur ! Sinon, en Australie, il nous fallait des vêtements chauds que j’ai pris chez Target À bon marché, mais assez solide.

    Ta réflexion est fort intéressante, car c’est vrai que je n’ai pas le goût de mettre du temps à chercher des vêtements en voyage…L’option achat durable (neuf?) peut être intéressante je crois…

    1. C’est vraiment une réflexion ouverte. Car d’un pays à un autre, les prix des vêtements influencent aussi notre façon d’agir. Je pense à la Turquie, où c’est vraiment pas cher.
      Mais c’est sûr, que chez nous, ce n’est pas le papa qui va se poser de telles questions !

  2. Quand je suis allée à Clermont, j’ai fait l’erreur de bazarder un max de fringues pour voyager léger… et j’ai du tout racheter sur place ! Mais mon premier achat fut une paire de pompes chère que je n’ai pas regretté car portée des dizaines de fois 🙂

    1. ça pèse tellement lourd et ça prend tellement de place que je comprends ta décision. Mais derrière il faut être soit prêt à être toujours habillé pareil, soit avoir le porte-monnaie qui suit.

  3. Ah, j’imagine que cette gestion est compliquée, surtout quand on n’a pas d’autre choix que de se priver et limiter au maximum ses dépenses… La plupart du temps, j’achète des vêtements pas trop chers! Je n’aime pas mettre 45 euros dans un pull dont je me lasserai ou qui sera vite abîmé/tâché/aura perdu sa forme… Après, si je devais m’expatrier et ne plus avoir de revenus fixes, je pense qu’effectivement, je me pencherai plus pour des vêtements classiques à l’apparence « solide »

  4. C’est sur que le choix des vêtements n’est pas toujours simple… nous comme on partait 1 an avec des saisons très différentes d’un pays à l’autre, il fallait prévoir à la fois des vêtements chauds et légers et faire rentrer le tout dans nos sacs à dos sans que ce soit trop lourd ! Au final, on portait souvent la même chose, au bout de quelques mois, nos fringues étaient tachées, usées, mais on s’en fichait ! Et au retour, on a eu du mal à se défaire de nos habits de voyageurs, ils sont les témoins de nos aventures, ce sont des vêtements qui ont vécu, et ils sont toujours dans le placard, on ne sait jamais, ça pourrait servir « le jour où on repartira » ^^ !…

    1. Je n’ai pas ce côté souvenirs. Je prévoie déjà de mettre à la poubelle tout ce qui n’est plus en très bon état avant de monter dans le dernier avion !

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