Voyager sans les enfants ou laisser les enfants voyager sans les parents

Lorsque j’ai répondu à quelques questions à l’issu de la projection du film Être et Devenir à Colmar, la question de l’intimité a été soulevée. On me l’avait posé un an plus tôt dans l’émission Voyage Cast qui s’intéressait aux familles nomades. Comment peut-on avoir du temps pour soi, sans les enfants, quand on choisit une vie impliquant d’être ensemble tout le temps ?

Mais qui a dit que pour voyager en famille ou pour vivre sans école il fallait avoir ses enfants avec soi tout le temps ? Pas moi en tout ! J’ai besoin d’être seule, c’est essentiel pour mon équilibre. Au quotidien, cela passe par faire les courses seules (j’adorai les faire en Italie, me perdre dans les rayons, papoter avec cet homme qui aide les personnes à vider et ranger leur chariot, en France, le charme s’est un peu évaporé) ou par me lever avant tout le monde.

supermarché

Cependant, une amie m’avait prévenue, une fois mère, on se laisse déborder et les courses pourraient être mon seul plaisir de la semaine. J’étais encore enceinte quand j’ai conclu un deal avec mon namoureux (deal que je recommande à toute future mère aimant la solitude) : nous avons le droit chacun à notre tour à un vrai week-end (ou 2-3 jours) seul par an. Oui, nous l’avons verbalisé et validé. Autant vous dire que j’avais un argument choc à proposer. Mon namoureux fait des GN, il avait ainsi la certitude de pouvoir partir jouer costumé en pleine forêt régulièrement.

Je ne dis pas que tout le monde devrait en faire autant. Tout le monde ne choisit pas de partir en solo au Kirghizistan pendant sa grossesse pendant que le futur père va travailler au Japon. Tout le monde n’aime pas la solitude.

Crédit photo
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Au début c’était facile, je suis allée randonner en Bretagne (sous la pluie), il a fait ses GN. Mais ensuite, je ne sais pas où je me suis trompée dans mes plans, mais je ne suis pas celle qui est partie seule cet été. C’est Nine (3 ans 1/2) qui est partie. Faire du camping avec son papy. La faute au bel album Notre camping-car. Comme m’a dit Nine, elle a de la chance, son papy est extra-ordinaire, il a un camping-car ! Elle a mangé des myrtilles cueillies par elle-même, a joué dans le sable, a été pour la première fois dans un parc d’attraction (et semble apprécier les manèges les plus mouvementés) et a eu ses premiers coups de soleil. Pendant que ses parents travaillaient. Nous n’avons pris du temps que pour un café-bière en ville (à chacun sa préférence, les deux étaient mauvais de toute façon).

Je n’ai pas eu mon week-end toute seule cette année, mais ma fille oui. Et vous savez quoi, j’ai l’impression qu’elle va mieux se débrouiller que moi pour y avoir le droit plusieurs fois par an (elle a un atout incroyable : être l’unique petite-fille d’un papy avec camping-car…). Enfin l’année n’est pas finie, l’occasion se présentera peut-être bientôt.

Et vous les mamans, réussissez-vous à vous échapper une fois de temps en temps pour faire autre chose que les courses ?

16 commentaires Ajoutez les votres
  1. Je ne suis pas maman donc c’est un peu difficile de pouvoir envisager ce genre de questions mais… dans l’idéal, même en ayant une famille, je pense que j’apprécierais de pouvoir avoir mes vacances à moi de temps en temps tout comme c’est important pour l’enfant d’avoir ses vacances à lui. Après, on ne sait jamais quelle mère on va être et au début, bien sûr qu’on part avec son enfant, mais je pense déjà que je lui ferai découvrir les joies des colonies quand il sera plus grand (au moins une fois pour voir s’il aime) 🙂

    1. Je pense qu’en partant seul on montre aussi un exemple, de ne pas avoir toujours besoin d’être avec l’autre, que l’on continue à s’aimer avec des centaines de kilomètres de distance. Et puis, ce n’est quand même pas pareil. Faut juste passer outre les remarques incontournables du genre « tu oses laisser ton enfant… »
      Par contre petite je détestais les colonies. Mais j’ai très vite réclamé des séjours linguistiques en famille d’accueil.

      1. Haaaan les colo mes meilleurs souvenirs de vacances !!
        Je suis allée en colo en Angleterre où j’ai vaguement apprit l’anglais mais où j’ai surtout dompté mon vertige, je suis allée en colo en montagne où j’ai embrassé mon premier garçon mais où j’ai surtout découvert une passion pour la rando et les montagnes et les décors de fou, j’ai monté une comédie musicale dans le tarn, j’ai fait du ski, du surf, j’ai rencontré un tas de gens et j’ai même encore des contacts avec certains. Et j’ai fait mon tout premier voyage itinérant à l’autre bout du monde (la Californie).
        Certes, c’est peut-être le contraste avec ce que je faisait (enfin surtout ne faisait pas) avec mes parents qui les rendent si géniales…. Il n’empêchent que ça à toujours été ce que je préférais dans les vacances qu’elles quelles soient.

        En ce qui concernent les moments seuls j’approuve ! Comme le dit Mali on peut pas vraiment prévoir comment on sera si on a des enfants, mais j’aimerais vraiment être de celles qui savent rester indépendantes de leurs enfants. Même si perso j’aime pas forcément la solitude, et au contraire en vacances j’ai besoin de partager….

        Bises !

        1. Je crois que j’ai commencé les colos trop tôt (5 ans) pour en être dégoutée à vie. J’ai quand même le souvenir d’une colo équitation sympa mais c’est tout.

  2. Ce « deal de couple » est top 🙂 Cela vous permet de prendre du temps pour vous, et cela me semble indispensable au sein de la vie familiale… Continue donc à cultiver ton amour de la solitude, et j’espère que tu pourras t’organiser quelques jours en solo bientôt.

    1. Cet article m’a donné trèèèès envie de partir en solo un week-end. Du coup, je regarde les trains au départ de Mulhouse et les possibilités qui s’offrent à moi. Il y a du choix, je ne connais pas grand chose par ici. Seul hic, les trains vont également en Suisse et en Belgique et là, j’ai l’impression de ne jamais réussir à choisir quoique ce soit !

  3. Sacha, lui, part en vacances chaque année avec sa grand-mère et il y passe quelques week-ends… Je pense que c’est important pour lui même si je suis assez angoissée quand il est loin de moi. Par contre, nous en profitons pour faire quelque chose à deux, en amoureux, comme de voyager en train à notre façon… Ce sont des moments importants pour nous retrouver.

    1. Il va falloir qu’on pense à effectivement prévoir du temps pour nous deux la prochaine fois que Nine part. Là, nous avons été un peu pris par surprise. Nous avions oublié ce que c’était que la liberté d’être sans enfant.

  4. Coucou, nous, on ne part jamais sans nos enfants … Mais qu’est-ce que nos enfants partent sans nous … Au minimum, une semaine de ski et une semaine en été avec mes parents, une semaine en été avec mes beaux-parents et 10 jours de camp patro … Il y a d’abord les quelques premiers jours où on se sent libres comme l’air et puis on se réjouit vite vite qu’ils reviennent … nous raconter toutes les aventures qu’ils ont vécues et les beaux coins qu’ils ont visité … Je pense que ce serait une erreur de les priver de ça … Et nous, du coup, on a pas besoin de partir sans eux, on en profite quand ils ne sont pas là …

    1. C’est ce que je découvre : il est plus facile de laisser les enfants partir sans nous ! La mienne n’a malheureusement aucune envie de raconter. Heureusemnt qu’elle aime prendre des photos (mais à son âge, je n’ai que des bouts de détails).

  5. Alors quel le papa était plutôt contre à la base, un nouveau boulot (ancien maintenant) avec des collègues sympas qui s’organisent de temps en temps des restos nous permet maintenant de nous évader régulièrement, plutôt en semaine et le soir.

    1. C’est marrant, mais je doute que ça se produise chez moi avant longtemps. Pourtant je connais des papas qui n’hésitent pas à partir quelques jours seuls avec leurs enfants !

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