Quel éveil musical pour son enfant ?

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Quand une enfant de 2 ans montre beaucoup d’intérêt pour la musique, les parents vont directement dans les écoles de musique pour trouver un atelier d’éveil musical. Démarche simple et logique, trouvant rapidement une solution en région parisienne pour les enfants de plus de 18 mois. Dans le Loiret, il faut tout de même attendre d’avoir 5 ans. Et en Sicile, rien n’est proposé pour les moins de 7 ans, ou alors de façon très ponctuelle.

Ne souhaitant pas frustrer ma fille dans sa passion de longue durée, j’ai commencé à me renseigner, utilisant mon meilleur ami : google.fr. Puis, après une certaine frustration de ma part, j’ai utilisé mon autre meilleur ami : google.com pour une recherche en anglais. Puisque l’on peut faire l’école à la maison, il doit être possible de faire une initiation musicale à la maison sans trop de pré-requis parental.
Et finalement ce que je pensais être une démarche simple et un peu anecdotique (trouver une école de musique, remplir un dossier d’inscription, payer, merci beaucoup à la semaine prochaine) nécessite une vraie réflexion.

En France, me semble-t-il, la méthode Orff(1) a la côte. Initié par un compositeur allemand du début du XXe siècle (c’est lui qui a créé Carmina Burana), elle repose sur une idée que j’aime beaucoup : « l’enfant doit être acteur de son apprentissage ». Orff insiste sur l’importance d’une musique à vivre et donc sur l’association entre le rythme, le corps, le langage, la parole et les instruments.
Une méthode qui a tout pour me plaire, mais dont un détail empêche la pratique à la maison : le groupe est essentiel pour permettre à l’enfant d’être à la fois acteur et spectateur.

L’instrumentarium, matériel pédagogique utilisé dans la méthode Orff.

Mais puisqu’il existe une méthode Orff, il doit bien y en avoir d’autres, non ? Le site internet de la Cité de la Musique à Paris présente 8 méthodes différentes, avec systématiquement un lien pour en savoir encore plus. Et si les éveils musicaux ont pris leur essor dans les années 80 et qu’on en trouve de plus en plus, cela ne signifie pas forcément que dans la réalité d’une vie non-parisienne on puisse vraiment choisir.

Ça, c’est pour l’approche française de la question, approche qui se résume par de la musique, de la danse, du chant, pratiqués en groupe. L’objectif est souvent de découvrir les instruments de musique pour s’inscrire ensuite en solfège et à l’apprentissage d’un instrument bien précis.


Mais finalement, si un apprentissage précoce est approuvé par tous, quand la question se pose en anglais, on n’obtient pas du tout la même idée. L’objectif n’est plus une inscription en cours privé, mais une culture musicale générale…
Exit les écoles, les inscriptions et les limites d’âge, on se concentre sur son enfant, sur le temps que l’on passe à la maison. Tout comme en France on retrouve de la danse et du chant, mais aussi du coloriage et des activités manuels.

Des cygnes à déguster en écouter le lac des cygnes…

Je ne parle pas de site de chercheurs, compositeurs et autres penseurs musiciens, je vous parle de la tendance sur les sites de parentalité, d’école à la maison ou même de musique. J’ai ainsi découvert un formidable tableau pinterest avançant selon des titres d’opéra et proposant de créer ses propres instruments de musiques. Par exemple pour découvrir Le lac des cygnes, on va trouver des CD, des livres, mais aussi des sablés en forme de cygnes, des flashcards des instruments que l’on peut entendre, etc.

Par ailleurs les conseils les plus fréquents sont sur l’exemple que l’on donne (votre enfant n’aimera pas Bach, si vous ne vous posez jamais pour en écouter juste pour votre plaisir) et sur la culture de chaque famille (chacun son style, sans honte à avoir). Nous sommes bien loin des ateliers structurés des écoles de musique françaises (attention ces mêmes ateliers existent aussi en pays anglosaxons).

Et si l’éveil musical ne se limitait pas à danser et chanter dans une école de musique ? C’est la conclusion à laquelle je suis arrivée. La musique est un univers plus complexe, complet et captivant que ce qui nous vient à l’esprit spontanément.
Regarder Casse-Noisette le soir de Noël est à la fois une tradition très égoïste de ma part et une découverte musicale. Écouter Coco et le poisson Ploc (2) est une pause lecture et musique, un livre dans la main, du piano, de la clarinette, de l’alto et du clavecin dans les oreilles.

Coco et le poisson Ploc – Gallimard jeunesse musique

Pour le moment je n’ai pas la possibilité d’inscrire ma fille dans une quelconque école. Je n’ai même pas d’instruments à portée de main (son père a fait du cor et moi du saxophone). Mais il est à la portée de n’importe quel parent d’offrir une éducation musicale à son enfant, à partir du moment où l’on réfléchit à quel type d’éducation on veut donner et que l’on reste fidèle à sa propre culture.

Il y a d’ailleurs un chercheur américain qui s’intéresse aux touts premiers pas de l’apprentissage de l’écoute et la compréhension musicale : Edwin Gordon. Je vous en parle très prochainement car il ouvre énormément de possibilité pour s’amuser en famille. Je vous propose aussi plusieurs activités sur la musique à faire en famille.

D’ici là, n’hésitez pas à me donner votre avis sur les ateliers d’éveil musical que vous avez eu l’opportunité de tester.

(1) source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Orff-Schulwerk  (2) Coco et le poisson Ploc, une histoire de Paule du Bouchet, sur une musique de Graziane Finzi. Ce livre-cd fait parti d’une collection sur l’éveil musical aux éditions Gallimard Jeunesse. Le livre est tout en carton pour les petites mains.

11 commentaires Ajoutez les votres
  1. C’est exactement LA question que je me pose en ce moment. J’ai également suivi la méthode classique (solfège à 7 ans, flûte traversière à 8 ans)… Comment aborder plus largement la question, comment les rendre acteurs de leurs expérimentations ?
    Je vais explorer les pistes que tu proposes, mais je ne veux pas les envoyer en classe d’éveil musical car j’ai envie de garder une très grande liberté face à leurs emplois du temps (à partir de 2 ans et demi dans notre commune).

    J’ai trouvé toutefois que le véritable plaisir de la musique était de jouer en groupe car les émotions étaient décuplées par l’harmonie que l’on peut atteindre, sans compter le plaisir de se rassembler autour de personnes que nous aimons (c’était l’orchestre de la commune, enfants et adultes y étaient mêlés, que de souvenirs).

    1. J’ai publié deux autres articles sur le sujet que tu as peut-être vu. (je viens d’ajouter les liens à la fin de cet article-ci). Il y a vraiment beaucoup à faire pour découvrir la musique dès que l’on réussit à sortir des idées préconçues très scolaires. Le tableau pinterest dont je parle est pour moi une mine d’or. Mais bien entendu, la musique se partage, mais on peut attendre que l’enfant soit plus grand pour intégrer des cours, un groupe, etc.

  2. Oui, j’ai lu tes articles qui me questionnent et m’encouragent en même temps !! J’ai quelques instruments de musique à la maison que nous aimons sortir de temps en temps, mais je ne suis pas allée beaucoup plus loin (harmonica, maracas, claves en dernière date)… Quand je joue de la flute, leur premier réflexe est de l’essayer, mais aucun son n’en sort pour l’instant … C’est assez frustrant mais cela leur donne envie ! Je vais encore y réfléchir un peu notamment au niveau des musiques que je peux leur présenter, à accompagner en danse et instruments rythmiques mais également du cahier d’activités que tu proposes…
    Et parce que tu m’as donné très envie, je me plonge dans la lecture de « musique, musicothérapie et développement de l’enfant »… Tout un programme !!

  3. bonjour,j’aierai donner des cours d’eveil muical mais d’apres ce que je li cela semble a la fois amusant et fastidieux;quels instruments se presentent le plus ab l’heure qu’il est?

    1. Bonjour, je ne comprends pas votre question sur les instruments.
      Et effectivement cela peut être très amusant, mais cela demande beaucoup d’investissement, comme tout dès que l’on tente d’intéresser les enfants.

  4. ma fille voulait dès 2 ans faire de la musique donc à 2 ans et demi elle est allée dans une association pratiquant la pédagogie de carl orff;au bout de 2 ans elle a décidé de faire du violon et nous nous sommes tournés vers la méthode suzuki; comme dans toute méthode, la méthode est la base mais le plus important c’est la personne qui la pratique; sa prof est formidable et passionnée et les progrès ont été rapides et gratifiants avec un entrainement quotidien; notre fille était très fière de jouer devant sa classe pour la fête de la musique et veut bien sûr continuer cet instrument; aucun de nous n’a jamais ni joué de violon ni même eu l’idée de le lui proposer

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