Financer un voyage en famille pour plusieurs mois

C’est la première question qui surgit dès que l’on parle de notre nouveau mode de vie : l’argent ! Comment peut-on financer un tel voyage, vivre ainsi, être voyageur, touriste, vacancier pendant plusieurs mois d’affilés, sans poste fixe en France ?

Avant le départ
Pendant les 6 mois précédents notre départ, nous avons mis en vente l’intégralité de notre appartement (qui lui était une location). Ce n’était pas grand chose, mais c’était suffisant pour financer notre premier mois (à l’exception du billet d’avion).
En parallèle, nous dépensions moins, puisque nous n’achetions aucun vêtement/livre/jeu/magazine… Un mode de vie moins dépensier, associé à une augmentation très nette de mon temps de travail, ont rempli notre compte en banque. Inutile de croire au miracle, je suis prof, donc avec un salaire plutôt modeste. Et nous n’avons qu’un salaire pour trois personnes (par choix, mon namoureux étant étudiant – père au foyer avec toute l’incompatibilité qu’il peut y avoir entre les deux).

Crédit photo : epSos.de
Crédit photo : epSos.de

Pendant le voyage
Donc, comment finançons-nous notre incroyable train de vie ? Surtout si à la fin de notre premier mois tout l’argent gagné par nos quelques livres et babioles vendus s’étaient épuisés.

Je suis prof de FLE en ligne (je n’ai pas assez d’élèves, mais j’enseigne malgré tout). Et je prends tous les boulots que je suis capable de faire. Depuis le départ j’ai fait de la relecture de mémoire et de la traduction touristique (deux fois!).
C’est loin d’être suffisant. Très loin ! Donc actuellement nous piochons dans nos économies qui se vident moins vite grâce à mes différents boulots.

L’équilibre se fait en cherchant également une autre façon de vivre et d’envisager les choses dont on a besoin.

Nous n’avons quasiment plus aucune dépense fixe en France. Pas de loyer, de carte de métro ou d’internet. Nous payons seulement une assurance voyage pour chacun de nous et un seul forfait téléphonique (probablement pas une bonne idée, vu l’utilité qu’on en fait, mais l’engagement n’était pas terminé).
Nos dépenses sont donc strictement celles de notre vie sur la route : hébergement, transport, nourriture et visites. Et comme tout ce que nous possédons doit tenir dans nos deux sacs à dos, nous n’achetons pas de souvenirs.

Mais nos dépenses sont aussi liés au rythme du voyage. Une nuit d’hôtel coûte en moyenne 50€ en Italie. A partir de 3 nuits réservés, on peut négocier les tarifs. Il en va de même pour la location d’appartement. Alors que les tarifs moyens sont souvent de 250€ pour une semaine, ils ne sont plus que de 700€ pour un mois. Par contre là, ce sont les tarifs moyens et en toute honnêteté c’est trop cher pour nous.
L’autre calcul à prendre en compte est l’amortissement du transport. Si vous faites Paris-Palerme, le prix actuel (hors low-cost) est de 260€. Pour une semaine, le coût moyen est de 37€/jour. Pour un mois sur place, l’avion ne vous coûte plus que 8€/jour.

Et puis il faut sortir de ses habitudes. J’utilise mon blog pour échanger des articles sponsorisés contre un tarif spécial. Je négocie toujours le fait de rester un mois et non une nuit. J’échange une traduction en français contre un rabais conséquent. Nous avons fait du couchsurfing à Athènes. J’apprends l’italien sans dépenser un centime grâce à un tandem. Nous avons visité l’Acropole gratuitement profitant d’un jour férié. Mon namoureux faisait du stop à Zakynthos pour aller faire les courses.

C’est ainsi que nous avons quitté la région parisienne avec l’objectif de ne jamais dépenser plus de 40€/ jour notre budget maximum. C’est bien loin d’être facile, surtout avec trois personnes, un fumeur, une accro au chocolat et un bébé qui porte des couches. Et malgré tout nous aimerions descendre à une moyenne de 35€/jour pour passer moins de temps à chercher du boulot et plus de temps à vivre.

Il y a des jours où j’aimerai me contenter de la facilité, faire un boulot au 35h, avoir un appartement quelconque, envoyer ma fille à l’école. Ce serait plus reposant. Il y a des jours je regrette de ne pas être graphiste ou webmaster, de ne pas pouvoir travailler avec un taux horaire intéressant depuis n’importe où.
Mais je fais avec ce que j’ai. A chaque fois que je regarde par la fenêtre de la cuisine de notre appartement sicilien, je suis stupéfaite par la beauté des montagnes. Je vais sur la terrasse juste pour m’assurer que la mer est bien au bout de la rue. J’aime le temps passé avec ma fille et mon namoureux. Je ne suis pas une super-maman, je ne suis pas une grande voyageuse, je ne suis pas l’héritière d’une famille fortunée. Je ne sais même pas où je dormirai dans 20 jours.

Cependant quand je regarde le montant de mes dépenses en France et celui depuis que nous sommes nomade, la vérité est qu’il s’agit du même. Alors entre dépenser 40€/jour en région parisienne pour passer des heures dans le métro et payer une nourrice ou dépenser 40€/jour en Croatie, puis en Turquie, Grèce, Sicile, mon choix est vite fait.

Le voyage n’appartient pas à ceux qui sont riches, mais à ceux qui sont prêts à le vivre.

PS : si vous avez besoin d’une traductrice (anglais-français), d’une prof de FLE, d’une relectrice, d’une consultante en tourisme (axée blog et touristes français) pensez à moi 😉

14 commentaires Ajoutez les votres
  1. Je savais déjà que ce n’était qu’un mythe qu’il faut être riche pour voyager (merci couchsurfing pour toutes ces rencontres et leurs récits) mais c’est bien de voir comment tu t’en sors dans les faits parce que forcément, on a un métier commun 🙂

    1. Pas forcément le meilleur métier pour ce genre de vie. J’ai l’impression qu’apprendre l’anglais en ligne est une chose que l’on considère facilement, mais le français semble être une langue avec un certain prestige à soigner et l’utilisation de skype retire tout le romantisme. Incroyable le nombre d’élèves en cours privé face à face qui refuse d’essayer le cours en ligne.
      Mais bon, pour l’instant on ne meurt pas de faim.

  2. C’est vrai qu’on envisage souvent le voyage comme réservé à ceux qui font des économies… mais au final, si on est prêt à se débrouiller sur place et à prendre ce qui se présente, tout le monde peut voyager.

    1. Je ne conseillerai peut être pas de partir complètement fauché, mais l’un des conseils que j’ai reçu est également de partir dans un pays moins cher que le notre pendant 2 ou 3 mois, pour lancer son activité en ligne/à distance et faire des économies. Les possibilités sont nombreuses.

  3. « Le voyage n’appartient pas à ceux qui sont riches, mais à ceux qui sont prêts à le vivre. »
    J’aime beaucoup ! Sympa le post, effectivement, il faut rapporter à ce que coûte réellement la vie parisienne, à chaque fois que je passe 2 semaines à Paris, je dépense plus qu’un mois à Budapest (et sans avoir à débourser de logement).

    1. D’ailleurs c’est traître, car en découvrant les tarifs des cafés à Zagreb, nous avons passé un temps fou en terrasse. Et à la fin du mois, nous avons été surpris du total.
      Mais les gens que nous rencontrons comprennent vite notre démarche quand on leur dit un ou deux prix parisiens (en priorité celui du café ou pire, du capuccino)

  4. Effectivement 😉 c’est justement la question que j’étais en train de me poser quand je suis tombé sur ce post qui y répond justement en détail.

    C’est cool et en même temps courageux.

    1. Je t’en prie. Et surtout il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas qu’une solution. Depuis la publication du billet, nous avons testé le housesitting par exemple : hébergement gratuit contre gardiennage de maison, soit 3 semaines en Ecosse (l’article est ). Bref, il faut être créatif et rester soi-même.

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