Voyager autrement en famille

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Au début de l’automne, j’ai participé à un atelier « voyager autrement » organisé par l’Essence du Voyage. L’animatrice était vraiment top mais les autres participantes étaient principalement des voyageuses sans enfant. Du coup, j’avais envie de poursuivre la discussion ici, avec vous.

L’introduction de l’atelier reposait sur des chiffres concrets liés à l’écologie mais également à l’humain. J’en ai retenu un en particulier car j’y suis sensible au quotidien.

Un touriste produit 5 kg de déchet par jour.
Pour comparaison, un Français moyen produit 1,5 kg de déchet par jour.

Il suffit de regarder les images de l’Everest pour comprendre l’horreur de la situation.
Et si vous vous demandez comment c’est possible, réfléchissez au repas (dans la rue, au restaurant, le sandwich acheté en vitesse, les serviettes en papier), à l’hébergement (les hôtels changent les draps et les serviettes par du linge neuf plus souvent que vous ne le faites chez vous), aux visites (les plans des musées et des villes, les tickets d’entrée) et même à votre équipement.

Il est plus que nécessaire de trouver des alternatives.

Réfléchir en famille à une autre façon de voyager

J’ai l’impression que nous sommes de plus en plus nombreux à envisager concrètement un quotidien alternatif. Cependant nos actions concrètes se réduisent quand il s’agit des loisirs. Il suffit pour cela de jeter un œil aux poubelles pendant la période de Noël ou le lendemain d’un anniversaire. C’est encore plus délicat quand il s’agit des enfants car on a du mal à se débarrasser de nos réflexes et on a parfois envie de reproduire ce qui a marqué notre propre enfance.

Lors de notre voyage au Cambodge, ou plutôt juste avant le voyage, j’avais ouvert la réflexion en famille, incluant Nine dans ce que je savais sur l’exploitation des enfants, la misère, etc. Et il y avait beaucoup à dire (pour rappel j’avais même fait un article complet sur le tourisme de la misère tellement la réflexion m’avait travaillée). Pour autant le fait d’en discuter avec elle, qui allait fêter ses 6 ans sur place, a permis de rétablir de la justesse, de l’humanité dans mes hésitations.
D’ailleurs son âge lui permit des écarts et des éclats que je n’aurai osés. Ainsi elle n’a eu aucun scrupule à expliquer avec froideur à sa grand-mère qu’elle venait de détruire l’avenir du petit garçon à qui elle avait acheté des cartes postales à l’entrée d’un temple. Son explication était confuse, mais tellement passionnée que la discussion était ouverte et que nous avons enfin pu exprimer notre point de vue.

On a tous tout à y gagner à intégrer nos enfants dans nos démarches.

cambodge photo enfant
Devant une école qui se situe juste à côté d’un temple du XIe siècle

Car d’un côté ils s’imprègnent de nos façons de faire et de l’autre ils ont leurs propres idées souvent pertinentes sur comment faire.
Nous sommes à tout instant le modèle de nos enfants. Cependant nous ne pouvons pas être irréprochables, alors nous devons faire de notre mieux. On ne doit pas dire à nos enfants « sois généreux / travailleur / honnête », on doit leur montrer.

Voyager autrement pour limiter les déchets

Je ne suis pas parfaite et je vous parle de celle que je suis aujourd’hui. Ce n’est qu’un chemin que je questionne avec vous.

Ainsi quand Nine était bébé, nous utilisions des couches lavables à la maison et des couches jetables en voyage. La raison est simple : les couches lavables sont encombrantes et demandent une certaines logistiques. Je ne regrette pas et je dois dire que si c’était à refaire je ne changerai pas. Quoique j’emmènerai probablement une ou deux couches lavables en tissus dans nos valises pour les soirées par exemple.

Par contre avec les couches lavables nous sommes totalement passés aux carrés de coton en tissus. Cela ne prend pas de place, ça se lave facilement et du coup on est sur d’avoir ce qu’il faut peu importe la durée du voyage.

J’ai également tout le temps avec moi des serviettes en tissus pour les repas. D’ailleurs sur ce point là je suis plus efficace en voyage que chez moi (où je ne sors pas avec une serviette en tissus). Cela me permet de refuser toutes les serviettes en papier qui se présentent.
On utilise également des mouchoirs en tissus.

Pour l’eau nous avons chacun une gourde (en métal). C’est en principe largement suffisant. Malheureusement il a été impossible pour nous de remplir nos gourdes au Cambodge. En effet il y avait régulièrement des affiches annonçant que telle association réduit les plastiques et proposent une fontaine à eau gratuite, mais toutes les fontaines étaient vides.
Depuis j’ai découvert les filtres steriPen et j’ai prévu d’en acheter un pour notre prochain voyage dans un pays sans eau potable au robinet (ou peut-être une gourde LifeStraw si vous avez un avis entre les deux n’hésitez pas).

En fait ce sur quoi je dois le plus travailler est le regard des autres. Quand je voyage avec d’autres personnes (ma famille, des blogueurs, des amis), je n’ose pas souvent sortir ma serviette en tissus pour refuser la serviette en papier par exemple.

voyager autrement en famille : équipement

Voyager autrement pour faire rêver nos enfants

L’émerveillement est pour moi un élément clé du voyage et du quotidien. C’est le moteur qui nous permet de mettre un pied devant l’autre quand la fatigue pointe son nez. L’émerveillement et la curiosité.

Nine rêvait de voir des éléphants au Cambodge. Renseignements pris, aucun endroit ne permettait de voir des éléphants traités avec dignité sur notre itinéraire. Je lui ai donc expliqué avant le départ. Le hasard a voulu qu’en regardant un documentaire sur Angkor, on y évoquait le travail dur des cornacs et la vie misérable des animaux.
Elle en a pleuré, de leur vie, de l’impossibilité de les voir, de la difficulté à faire ce qui est juste. Elle en a pleuré de nouveaux sur place, quand le hasard a voulu que nous soyons au « bon endroit au bon moment ». Mais elle n’a pas regretté cette décision de ne pas monter sur leur dos.

À la place, j’avais prévu de l’emmener voir un lieu d’accueil pour animaux menacés (du côté de Siem Reap). Il n’y avait pas d’éléphants, pas de tigres, aucun animal qui fait briller les yeux. Mais il y avait un guide extraordinaire qui l’a emmené en courant voir les loutres lorsque les employés ont commencé à les nourrir, qui nous a expliqué comment chaque animal était arrivé là (que des histoires tristes face à des animaux portant encore sur eux les stigmates des traitements infligés par les hommes). Elle a été touchée et émue, la visite était incroyable. Et à l’issu, elle voulait absolument mettre beaucoup d’argent dans le pot commun pour ce lieu qui, littéralement, sauve les animaux locaux.

animaux cambodge
L’une des habitantes (une femelle gibbon) du centre de conservation de la nature à proximité de Siem Reap.

Nos enfants ont des rêves.
C’est terrible de leur refuser pour des questions éthiques. Mais les enfants sont intelligents, tous sans exception et ils comprennent ce qu’est l’éthique. Ils peuvent avoir du mal à l’accepter mais ils le comprennent.

À nous de trouver des activités qui pourront faire briller leurs yeux autrement !

Les plus jeunes enfants ont même ce pouvoir de s’émerveiller sans monter dans un avion. En voyage, ce qui est pour eux le plus important, c’est le temps passé ensemble et non le nombre d’heure d’avion ou le nombre d’étoiles à l’hôtel.
Il est alors avec eux bien plus faciles d’avoir un impact écologique faible :
un vélo chacun, une tente pour tous,
ou alors des heures de trains avec des livres et des jeux de société dans le sac,
ou des journées consistant à jouer dans le sable et des soirées à compter les étoiles,
ou …

Ils n’ont même pas besoin de souvenirs en plastique made in china pour se souvenir de ses journées ensemble. Il suffira juste d’en parler régulièrement, avant de se coucher, en préparant le même repas que ce jour où, tu sais, il a…

Pour autant j’ai besoin d’une trace. J’ai la peur de ne pas pas être aux côtés de ma fille quand elle sera grande, peur de ne pas pouvoir lui raconter son enfance. J’ai besoin de laisser une trace pour lui permettre de retrouver tout ça si quelque chose m’arrivait. Alors dans chaque ville nous achetons une carte postale, elle y gribouillait un dessin, aujourd’hui elle y écrit quelques mots. On achète un timbre et on se l’envoie. Simple souvenir imparfait de nos déambulations.

Quant au reste, j’apprends de mes erreurs, de mes rencontres, de mes lectures. Je n’ai pas cessé d’aimer la sensation unique à être dans un avion, mais autant que possible je prends le train et je ne le regrette pas non plus.

2 commentaires Ajoutez les votres
  1. Excellent article comme toujours, dont le contenu me parle particulierement. Et puis quand les enfants grandissent et que leur eco attitude les selectionne pour un concours de jeunes innovators revolutionnant l ecologie, on realise l impact de cette education sur le terrain.

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