Se préparer un été magique

Je suis une grande amatrice de l’émerveillement au quotidien, du soupçon de magie dans la banalité, des grands rêves éveillés et des histoires inventées. Pourtant cela fait longtemps que je n’en ai pas parlé ici. Ce week-end, on pourra au choix célébrer le premier jour de l’été ou la nuit la plus courte de l’année. Alors je vous propose de vous préparer un été magique, peu importe où vous le passerez.

Chaque saison permet de se créer des souvenirs. Il n’y a pas une saison meilleure qu’une autre. Mais la culture européenne (occidentale même) invite depuis les années 1930 (et la naissance des congés payés) à profiter de l’été pour s’évader et lézarder. L’été est alors la plus belle saison pour les grandes aventures de la littérature jeunesse et pour les romances en littérature adulte. Sans compter que l’industrie des loisirs a décidé d’ajouter sa touche en proposant en été des activités souvent indisponibles le reste de l’année.

Issue de ma culture, l’été est donc la saison faite pour voir les amis, traverser la France, lire des tonnes de livres.
Critique par rapport à ma culture, je ne pense pas que le plaisir de mon été réside dans le lieu où je serai.

balade littéraire Londres Peter Pan
Entrer dans des mondes magiques… comme ici dans le parc Peter Pan à Londres

Un été pour se créer des souvenirs

Chaque instant pourrait être propice à se créer des souvenirs. Chaque instant est unique et éphémère. Pour autant, ce qui reste durablement dans la mémoire est difficile à prédire. Quelle sera la madeleine de Proust de votre été ? Le bruit des vagues, le parfum d’un arbre, le goût d’un gâteau, une cicatrice sur le front ?

Un premier pas pour se construire des souvenirs est de construire des traditions familiales.

J’aime bien les traditions. Je me surprends moi-même à les aimer, car j’aime avant tout le mouvement et le changement. Toutefois une bonne tradition familiale n’a pas besoin d’un lieu, elle a juste besoin de la famille. Regarder des films en mangeant du pop-corn maison les jours les plus chauds de l’été risque de devenir une tradition familiale. Arborer des tatouages éphémères également.

On ne décide pas vraiment qu’un événement deviendra une tradition. On le vit, puis on s’en souvient et l’année suivante quelqu’un propose de recommencer.

Une autre façon de se créer des souvenirs est en se donnant l’opportunité de vivre de nouvelles choses ou des moments attendus.

Quand arrive l’été, c’est à dire quand nous pensons sérieusement à ce que nous allons faire dans les semaines qui suivent, je prends en note toutes les envies. Les plus petites et les plus grandes. Je recommence ou j’enrichis la liste quand nous grimpons dans un train pour passer quelques jours ailleurs.
L’idée n’est pas de tout faire.
L’idée est de tout dire, de commencer à rêver ensemble des jours qui arrivent. Puis il suffit de piocher dans la liste, en particulier les jours où l’on ne veut rien faire, mais qu’en même temps on voudrait faire quelque chose, mais personne ne veut décider…

glaces Kampot
Hésiter devant le choix de glaces (ici à Kampot)

Ce n’est pas la distance qui rend l’été magique

On nous vante les vacances en bord de mer, les cerises sur les oreilles, le dépaysement.

Bien sûr que je trouve génial de passer l’été au bord de la mer, des cerises sur les oreilles et sans aucune maison alsacienne dans mon champ de vision. Quoique entre nous, l’idée d’un tel été me séduit plus que le fait de le vivre. Je n’aime même pas les cerises…
Alors en fait non, ce n’est pas le lieu et les clichés qui vont rendre mon été parfait.

Pour Nine, c’est la possibilité de lire tard le soir, fenêtre ouverte, et d’aller au parc.
Pour moi, ce sont les nouvelles pâtisseries testées et les dizaines de BD que je peux lire.

C’est aussi la possibilité de se promener sans surveiller l’heure, les cartes postales que j’écris (et avant cela que je choisis avec soin), les mots que je couche dans mon carnet de voyage.
Et marcher pieds nus sans avoir froid.
Manger une framboise cueillie pour soi-même.
Visiter des expositions temporaires, profiter d’événements ponctuels.
Recevoir des cartes postales.

Quelques ingrédients pour profiter de votre été

J’adore consulter les listes d’activités des autres, car cela me donne des dizaines d’idées. Souvent ma liste n’a rien à voir avec celle que je viens de lire. La liste est plutôt le déclencheur d’une suite sans logique d’envies et projets. On me parle de jardinage et je pense cueillette de baies de sureau noir, confiture maison, glace au chocolat, archéologie glacée, peinture au glaçon…
Alors voici quelques déclencheurs d’idées pour votre famille

→ Mon sac d’été
Je l’ai fait l’année dernière pour l’été et surtout pour la rentrée. Je n’ai pas encore eu le temps de penser à celui de cette année, mais il est encore largement temps.
Je prépare tout simplement un sac surprise dans lequel je prépare ce qui est « indispensable » pour un bel été. On y trouve de l’anti-moustique, de la crème solaire, des bâtons de glace à mettre au congélateur. J’ai acheté il y a quelques jours un cahier d’activités, mais il a été repéré et récupéré avant même d’être dans le sac.
C’est également l’occasion d’y prévoir quelques lectures pour l’été (même empruntées à la bibliothèque), une nouvelle paire de sandales ou un maillot de bain à la bonne taille, un livre de cuisine ou les jeux de plage sortis de la cave.

→ Des activités plus que nécessaires
Il y a quelques années, je vous avais proposé une liste de plus de 100 activités à faire en été. Elle est toujours disponible, je vérifie ponctuellement les liens, je l’enrichis et je dois dire que je l’aime toujours autant.
Cette année j’ai aussi retravaillé ma liste des activités à faire en Alsace en famille pour l’enrichir et me noter de nouvelles idées.

→ Des cartes postales
Il est vrai que je l’ai déjà dit, mais on sous-estime totalement le pouvoir des cartes postales. Cela demande du temps, de l’énergie et même un peu d’argent. On choisit une carte, puis on se pose pour l’écrire. Ensuite on part à la recherche d’une boîte aux lettres et on laisse le temps suivre son cours jusqu’à ce que la carte arrive enfin à destination.
Ce temps est un cadeau que l’on offre aux autres, en plus du « je pense à toi ». Plus même que le « je pense à toi ».
C’est probablement pourquoi vous ne recevrez jamais de cartes créées à partir d’une application de ma part.
Nine se choisit aussi une carte, qu’elle s’envoie à elle-même. Pour elle, c’est une activité drôle. Elle adore écrire « coucou Nine, c’est Nine ». Moi, je trouve ça touchant d’avoir toutes ses cartes regroupées ensemble. La toute première ne comporte que des lignes tremblantes sur une carte envoyée de Lyon quand elle avait 8 mois…

Alésia tissage
Découvrir le tissage de l’époque gauloise et apprendre plein de choses dont on ignorait jusqu’à l’existence

Je vous souhaite un bel été. J’ai prévu de continuer à publier sur le blog en juillet et août, pour vous parler d’expositions ou de lectures, de city-trip ou de voyage en train. Je n’en sais rien en fait, car je ne sais pas bien où nous serons cet été, mais je sais que j’ai envie de passer plus de temps sur mon blog.

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Image de couverture : Danigeza / Pixabay

18 commentaires Ajoutez les votres
    1. C’était assez complexe à faire car c’est du tissage avec des plaquettes carrés. Mais c’était très intéressant et les modèles présentés étaient magnifiques.
      C’était présenté à Alésia, par une intervenante extérieure.

  1. Connaissez-vous le Postcrossing ?
    C’est de l’échange de cartes postales avec des inconnus dans le monde entier ; on écrit à des gens dont on nous donne l’adresse et les goûts en matière de cartes au hasard, et on reçoit une carte de quelqu’un d’autre qui a reçu notre adresse et pu consulter notre profil.
    Pendant un temps j’étais très prolifique en terme d’échanges, j’ai pu sympathiser avec nombre de personnes, qui sont devenues des correspondants « réels », avec qui on échange mensuellement, en espérant un jour pouvoir se rencontrer. Depuis un an j’ai cessé d’utiliser Postcrossing, car je n’ai plus l’impression d’en avoir le temps, je ne garde contact qu’avec mes correspondants ; mais je vais essayer de m’y remettre car je pense que ça pourrait ouvrir de nouveaux horizons pour mes fils.
    Pour étudier la géographie, un peu les langues étrangères, l’art de bien écrire sur une jolie carte, etc.
    Si vous ne connaissiez pas je vous invite à aller voir le site éponyme, voire à carrément à créer un profil et essayer, histoire d’une carte postale, pour voir si vous appréciez ou non (parfois on reçoit des choses très décevantes, mais ça fait partie du jeu malheureusement…) ; mais vous risqueriez de devenir addict si vous aimez de base les échanges postaux ^^

    Je cherche la magie, je cherche à l’insuffler dans notre quotidien, mais à peine crois-je la trouver qu’en voulant la présenter à mes fils ça s’essouffle. Je veux créer du beau, du fantastique ; mais ils ramènent tout à la réalité en un battement de cil, en une remarque désobligeante, en une dispute fraternelle qui n’a pas lieu d’être, etc. Et je passe mon temps à me dire que ça ne sert à rien, que si ce n’est pas eux qui gâchent tout c’est moi car je ne suis pas capable d’accepter qu’ils gâchent ce que je mets tant de temps à échafauder…

    Tiens, je suis encore en train de me plaindre. C’est une manie.

    1. Je n’ai pas l’impression que tu te plains, juste que tu décris ton quotidien. Il est normal d’être frustrée quand cela ne se passe pas comme on l’avait prévu. Normal d’être fatiguée aussi à force d’essayer.
      Je connais postcrossing et j’avais fait quelques échanges il y a longtemps. Je ne sais plus trop pourquoi j’ai arrêté mais c’était parfois plus valorisant que les cartes à la famille (qui n’écrit jamais…). Nous devrions ré-essayer pour cet été, ce serait agréable surtout que tout le monde est plus ou moins coincé dans son propre pays.

      1. Oui, il y a beaucoup de gens sur Postcrossing qui sont ordinairement tristes de ne pas avoir les moyens de voyager et qui trouvent dans les échanges de cartes une façon de découvrir le monde ; maintenant qu’on est tous dans le même panier, c’est d’autant plus le moment de s’y remettre 🙂

        1. Je viens de mettre à jour mon compte sur postcrossing et j’ai finalement décidé d’envoyer trois cartes !
          Merci de m’en avoir donné l’envie.

  2. J’étais conquise dès que tu as parlé d’émerveillement et cette idée de sac pour l’été avec tout ce qu’il faut pour passer de bons moments, j’adore. Je vais continuer d’y réfléchir pour mettre ça en place dans mon quotidien. (Je suis une grande gosse…) Merci pour cette belle idée!

  3. L’émerveillement au quotidien, c’est tout ce qui fait l’intérêt de la vie je trouve ! C’est sûrement un peu radical comme pensée, mais sans fantaisie ni magie, la vie aurait beaucoup moins d’intérêt… pour moi en tout cas. La magie peut surgir de partout, et notamment du quotidien…
    Vous m’avez donné envie de me remettre au postcrossing, tiens 😉
    Merci pour ce bel article !

    1. Depuis l’article j’ai envoyé une dizaine de cartes avec postcrossing et du coup je commence à en recevoir. J’adore !
      Mais tu peux aussi m’envoyer ton adresse postale (via le formulaire de contact ou les RS en message privé) et je t’enverrai une carte de Nantes, Pornic ou Gien. Il faut justement qu’on aille acheter un stock de cartes !
      Bel été à toi.

  4. Savoir attraper les bons moments, goûter les plaisirs quand ils passent, ne pas se projeter plus que nécessaire : en résumé, profiter des petits bonheurs de l’existence, telle est la seule (bonne) résolution prise il y a quelques temps !
    Cet été, j’aime venir piocher de temps en temps l’une des petites jubilations proposées dans « Le sel de la vie », une petite madeleine littéraire écrite par l’anthropologue Françoise Héritier : se délecter en secret d’une idée, d’un projet ou d’un souvenir ; se remémorer avec plaisir les quelques rencontres qui ont marqué ; découper des images et faire des collages, etc.
    Comme il est compliqué de voyager cette année mais que nous avons toujours autant besoin de nous évader, les pistes suggérées par le Laboratoire de tourisme expérimental (www.latourex.org) peuvent être un bon compromis.
    Pour ma part, j’ai envie d’expérimenter « l’opus touristicus », qui consiste à tester la destination suggérée par le titre d’une œuvre littéraire ou musicale. Que je sois « Sur la route » (De Palmas) ou à « Roissy » (Tiffany Tavernier), j’ai le choix d’aller en « Week-end à Rome » (Étienne Daho) ou tout simplement à « Berlin » (Christophe Willem). Après « One night in Bangkok » (Murray Head), j’aurai envie d’un « Breakfast in America » (Supertramp) avant d’aller voir « La mer » (Charles Trenet) pour écouter « Une histoire de plage » (Brigitte Bardot). Quand vient l’heure de rentrer, quoi de mieux qu’un dernier « Grand tour du monde avec Sasek » ? « Bon voyage » (Clara Le Fort) !
    Comme tu dis, ce n’est pas la distance qui rend l’été magique car la belle saison se joue avant tout dans nos têtes. Pour ne pas en perdre les bienfaits à la rentrée, j’ai décidé de m’essayer à la « touristerie » en jouant une fois par mois la touriste dans ma propre ville, histoire d’en redécouvrir les trésors cachés … Bel été à tous !

    1. Merci pour ce commentaire si intéressant à lire. Si je connais le travail de Françoise Héritier, je n’avais jamais entendu parler du Sel de la vie. Je me le note pour un prochain passage à la bibliothèque.
      Bel fin d’été à toi aussi.
      PS : j’adore être touriste dans ma propre région.

      1. Je suis bien d’accord : nombre de sites dignes d’intérêt proches de chez nous sont mieux connus des touristes que des locaux !! C’est souvent en partant ailleurs qu’on s’en rend compte.
        Et quand on rentre à la maison, on a toujours envie de se lancer de nouveaux défis. Pour ma part, en cette rentrée, j’ai mis en place une lettre électronique mensuelle « Suivez le fil … » où je propose mes coups de cœur (livre, film, recette de cuisine, balade, etc.) sur le mois qui démarre. Chaque mois a sa spécificité et son état d’esprit; je me suis rendue compte que cela m’influençait beaucoup dans mes choix culturels notamment ! Par exemple, dans ma lettre de septembre, pour ne pas perdre les bienfaits des vacances, il est question de funk et de Régine Deforges … Si cela t’intéresse, je peux te l’envoyer par mail; sinon, ce n’est pas grave ! Bonne soirée

        1. Je serai ravi de lire ta lettre électronique mensuelle. Où puis-je m’inscrire ?
          J’avais entrepris de faire quelque chose de similaire. Une petite réflexion perso puis en conclusion des liens vers des choses qui m’inspirent (article en ligne, exposition, livre, peu importe). Je manque juste de temps pour être constante et j’ai du envoyer la dernière il y a 3 ou 5 mois.
          à bientôt

          1. Merci de ton intérêt; un simple mail à l’adresse « suivezlefildaurelie (at) gmail.com » et je te l’enverrai en retour.
            C’est quelque chose de très simple (une page A4 en PDF) mais il y a longtemps que l’envie d’écrire me taquine alors je suis ravie d’avoir donné le jour à ce mini-projet !
            Et si ta lettre revoyait le jour, je serais ravie de la lire ! A bientôt

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