Lyon, rêverie sur un quai

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C’est en attendant un tram que j’ai eu l’idée de cet article. Je savais déjà que le prochain rendez-vous en France aussi était sur le thème #teamsansvoiture, j’attendais juste l’inspiration. Ou l’envie.

J’étais assise entre un adolescent qui expliquait au téléphone qu’aucun tram 2 n’allait dans sa direction et une dame absolument immobile. Il y avait eu un incident sur la ligne, le trafic était ralenti, mais un tram 1 allait arriver… bientôt. L’adolescent a raccroché brutalement avant d’aller prendre place sur le quai d’en face. Sa place est restée vide.

Tout dans ce petit coin de quai était connu. Les sièges bien espacés pour éviter qu’une personne sans abri s’y allonge. Les écrans affichant alternativement le temps d’attente et le point sur le trafic. Le distributeur de calories-sucreries-mauvais café.

Pourtant j’étais à Lyon et rien ne ressemblait vraiment à ce que je connais le mieux, les transports parisiens. Ou ce que j’ai pris dernièrement, les transports londoniens. Ou ce que je côtoie de loin en loin, les trams mulhousiens. Des images d’ailleurs se superposent à ce que j’ai sous les yeux, accompagnées d’autres odeurs, d’autres bruits, d’autres envies.

Malgré le retard et l’attente, je ne ressentais aucune impatience, aucun énervement dans l’air. Beaucoup de futurs passagers avaient un casque de vélo au bout du bras. Les noms des stations m’étaient tous inconnus, je n’étais même pas vraiment sûre de celle où je souhaitais descendre.
Et puis cette station… pourquoi ressemblait-elle autant à une station de métro alors que je m’apprêtais à monter dans un tram ? Comment une gare de tram, de métro ou de train, une gare, lieu si réconfortant, séduisant et poétique, pouvait être si semblable et si unique à chaque ville ?

art dans métro à Lyon

Sur le chemin retour, alors que je passe d’un tram à un métro, brusquement je ralenti, je m’arrête, je me fais bousculer, pas assez discrète dans ma surprise. Au-dessus de moi, de l’art dans le métro. J’hésite entre prendre mon temps pour regarder et prendre une photo rapidement pour mieux y revenir, plus tard. J’entends du bruit derrière moi, j’opte pour la photo, ne pas déranger plus longtemps le va-et-vient quotidien. Je ne suis que de passage en ces murs, j’ai mon propre rythme et je romps la mélodie des habitués.

Pour mes autres photos, je me fais plus discrète, je regarde autour de moi, puis je m’installe, je m’accroupis ou je grimpe, je me penche, je scrute, je patiente. Et finalement je discute, je plaisante avec tel employé en attendant que le prochain métro ou funiculaire entre dans mon champ de vision, je note des conseils sur les quartiers. Je me demande combien de dizaines de photos j’ai de gares, de rails, de quais, de locomotives, de wagons.

Préférerai-je passer des heures dans le doux balancements d’une rame ou sur un quai à observer le va et vient ?

métro Lyon
Station de métro Pâquet, départ de ma balade street-art dans Lyon

Trois jours à Lyon, des dizaines d’envies et pas assez de temps. Obligation de choisir. J’hésite à monter dans un métro pour aller au bout de la ligne, voir ce qu’on y trouve. Ou faire un tour en tram, assise à la fenêtre, à dévorer le quotidien, comme d’autres faces à un écran de télévision. Mais une fausse pudeur me retient, la gêne de ne pouvoir répondre quand on me demandera ce que j’ai fait à Lyon. Alors je marche, je visite, je m’engouffre dans les musées, je me perds dans les pentes de Croix-Rousse et le soir, je finis dans le métro, pour rejoindre mon hôtel et finalement pour rejoindre la gare, celle qui me permet de rentrer chez moi et de rêver, assise du côté de la fenêtre.

gare de Lyon

Cet article participe au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi. Le thème #teamsansvoiture a été proposé par Malicia.

26 commentaires Ajoutez les votres
  1. Je l’ai fait à Londres mon dernier jour: j’étais fatiguée, pas envie de marcher! Je me suis installée dans un bus à impériale, jusqu’au terminus, puis j’en ai pris un autre puisque mon ticket était valable 1h30 et enfin je suis revenue à mon point de départ 🙂

    1. à l’occasion je te suggère de le faire en Belgique, le long de la côté. Le tram a un trajet de 70km je crois. ça prend du temps, mais que c’est agréable !

        1. Il y a des lieux comme ça, juste magnifique pour se coller à la vitre. Le tram de la côte belge, le train sur le nord de la Sicile, etc. Je me donne envie de repartir juste à y penser.

  2. Quelle jolie rêverie ! C’est vrai qu’il y a tout un imaginaire autour des transports en commun. J’aime bien parfois prendre un bout de tram ou de bus en banlieue juste pour la découverte. On est rêveur ou on ne l’est pas…

    1. Merci de ton message.
      C’est à Paris que j’ai appris à aimer le bus, travaillant dans une librairie loin des métros pratiques pour moi. ça offre toute une nouvelle vision de la ville !

  3. Très joli texte, une belle ode à la flânerie, à ce tram qui nous emmène on ne sait où. Poésie de ces transports en commun qui, s’ils nous mènent le plus souvent d’un point A à un point B, ont aussi cette capacité à nous « transporter » vers l’ailleurs et la rêverie, le nez collé à la vitre et le regard vague. Une errance sans autre but que d’observer la ville d’un autre point de vue. Merci pour cette évasion si bien écrite.

    1. Je suis touchée par ses retours positifs que toi et les autres me laissez. J’aime écrire de façon plus personnelle, mais je n’ose pas toujours publier. Cela me motive à partager plus !

    1. N’ayant pas voyager seule très souvent depuis que Nine est née (et c’est le moins que je puisse dire), je crois que j’ai encore plus apprécié mon temps de rêverie dans le train jusqu’à Lyon, puis c’est halte dans les métros et trams.
      D’ailleurs j’ai plus lu en trois jours que je ne le fais d’habitude en 1 mois…

  4. Joli style d’écriture. J’avais l’impression de lire un livre, sauf que la fin est arrivée trop vite… A moins que ce ne soit un feuilleton et qu’un nouvel épisode sorte un de ces jours ? En tout cas, merci pour le partage de cette rêverie sur un quai à Lyon…

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