Lire au féminin – janvier 2021

Quand j’ai lancé mon idée de challenge Lire au féminin, je craignais de me retrouver seule et que la réflexion n’intéresse personne. J’aurai tout de même lu des livres écrits par des autrices, mais j’avais envie de pouvoir en parler et de m’enrichir de vos propres réflexions.

Finalement, la réflexion semble être telle une petite graine… ou plutôt comme un pissenlit. J’ai soufflé dessus et je vois des graines s’éparpiller dans des directions inattendues. Faut-il ou non choisir ses lectures selon le genre de l’auteur.e ? Comment se fait-il que spontanément aucun nom d’autrice ne nous viennent à l’esprit pour finalement se rappeler que les livres qui nous ont le plus marquées ont été écrits par des femmes ? Quelle est la situation dans le monde de la bande dessinée ?

Voici brièvement le sujet de discussion que j’ai eu en privé ou non et je vous en remercie. J’ai énormément appris ! J’ai notamment fait quelques recherches sur la place des femmes parmi les mangakas et à ma grande surprise, elles sont de véritables piliers dans ce secteur depuis sa création. J’ai aussi collecté le nom d’autrices asiatiques, allongeant considérablement ma liste d’envie lecture.

À présent, voici une présentation plus ou moins longue de mes lectures de janvier. Juste après, je vous laisse les liens vers les participations d’autres lectrices. N’hésitez pas à laisser en commentaire vos liens pour figurer dans mon bilan de février.

L’Amérique dans toute sa longueur

J’ai lu trois livres ayant tous pour cadre l’Amérique.

Kill the Indian in the Child, par Elise FontenailleKill the indian in the child
C’est la lecture coup de poing du début de l’année. Cette fiction s’inspire directement du tragique destin de Chanie Wenjack. Ce jeune garçon a été envoyé dans un pensionnat pour autochtones où il a subi les pires traitements possibles. Il a réussi à s’enfuir mais est mort de froid pendant sa fuite (en 1966). Son cadavre a suscité l’intérêt d’un journaliste et pour la première fois des enquêtes sérieuses et médiatisées ont été menées dans les pensionnats.
C’est vraiment dur, mais c’est très court. Il n’y a aucune fioriture, aucune justification, juste les faits, dans leur cruauté et leur réalité.
Elise Fontenaille est une autrice française qui a étudié au Canada. Elle a publié plus d’une quarantaine de romans et le format d’écriture à la première personne semble être son style de prédilection. J’ai déjà lu un koala dans la tête et un été à Pékin d’elle (et j’avais apprécié les deux).

La fille qui pouvait voler, par Victoria Forester
Dans ce roman jeunesse, comme le titre l’indique, on suit les aventures de Piper McNimbus qui peut voler. Ses parents l’ont toujours su et en ont toujours eu un peu peur. Du coup, elle n’a pas d’amis, elle est instruite à la maison et rêve d’aller à l’école.
Finalement elle se retrouve dans un institut spécial pour enfants spéciaux et rien ne se déroulera comme prévu.
La lecture est légère est rapide. Il y a quelques personnages un peu trop caricaturaux (j’hésite entre le fait que c’était voulu et assumé ou que c’était juste trop) surtout côté adulte. Il semblerait que d’autres tomes soient prévus, mais ce livre se suffit à lui-même.
Victoria Forester est une autrice canadienne qui vit à Los Angeles, car elle est avant tout scénariste pour le cinéma.

Bora Fora, par Philomène Le LayBora fora
Plutôt carnet de croquis rapportés de voyage, ce livre est auto-édité (cf lien dans le titre).
L’autrice a voyagé en Amérique latine, seule et avec son frère, en vélo mais pas seulement. L’ensemble forme comme une sélection d’instantanés. Dans l’ensemble j’ai plutôt été séduite, sauf que tout ce qui est en espagnol n’est jamais traduit et je ne parle pas un mot de cette langue. Du coup c’était souvent frustrant, comme si toute une partie du livre ne m’était pas accessible.
Philomène Le Lay est une voyageuse, graphiste et autrice française. Elle a auto-édité deux livres de ses séjours en Amérique Latine. J’ai également le second que je lirai… bientôt.

Extrait de Bora Fora

J’ai également lu quelques mangas, sans faire attention au auteurs avant de me plonger dedans. Du coup, ce ne sont que des histoires écrites par des hommes, à l’exception de la série Blue Spring Ride dont je vous parlerai peut-être quand je l’aurai fini.

Actuellement je suis en pleine Russie, grâce au roman jeunesse Coeur de Loup de Katherine Rundell, autrice britannique.

lire des livres éccrits par des femmes

Lecture abandonnée : Le dieu des Petits Riens

Le dieu des petits riensCeci est une lecture commune avec Hilde. Nous avons commencé le livre quasiment en même temps et les premiers jours nous lisions plus ou moins au même rythme (bon d’accord, j’allais moins vite).

Sauf que rapidement nous avons échangé des messages un peu angoissés pour savoir si l’autre avait lu ce passage ou encore celui-ci.

D’après la quatrième de couverture, je m’attendais à un récit de reconstruction après un événement qui fait exploser la famille de jumeaux de 7-8 ans, dans une petite ville d’Inde. En réalité, si l’événement est annoncé dès les premières pages, le récit nous raconte ce qui a conduit à cet événement. On sait donc que cela va être violent et que ça va mal finir. Mais avant ça, les personnages sont confrontés à toutes sortes de violence qui m’ont retourné l’estomac, jusqu’à avoir peur de la suite.
J’ai opté pour une pause pendant laquelle Hilde a fini le roman. N’ayant aucune lumière au bout du récit à m’annoncer, je ne l’ai jamais repris.

Je ne suis pas sûre que les événements sont beaucoup plus violents que ce qui se déroule dans Kill the Indian in the Child présenté ci-dessus mais l’écriture est radicalement différente. Ici l’autrice nous maintient dans l’angoisse de ce qui va se produire. Par ailleurs, si les deux sont de la fiction, j’ai lu celui sur les pensionnats canadiens plus comme un témoignage avec une envie de savoir et comprendre un pan d’histoire.

Les étapes indiennesBref, la littérature indienne est une littérature compliquée et violente. Autant j’adore certains films, autant ce n’est pas la première fois que j’abandonne un roman (je l’avais oublié, c’est mon amoureux qui me l’a rappelé).

Lire au féminin – vos publications

Et pour finir, voici vos participations au challenge Lire au féminin pour janvier.

– Les premières lectures de Bidib
Trois cosy Mysteries British chez Jojo en herbe
– L’avis d’Hilde sur Le Diable de la Tamise par Annelie Wendenberg

Pensez à poster ci-dessous vos propres liens (vers vos blogs ou publications sur les RS) pour que je puisse les lire et les présenter lors de mon prochain bilan. Belle lecture à tous et à bientôt !

12 commentaires Ajoutez les votres
  1. Oui la litterature indienne est bien particuliere….mais l’Inde est bien particulier…..en tout cas j’essaye d’en trouver des romans plus softs…pas evident…..
    En tout cas ma lecture de Le dieu des Petits Riens ne m’avait pas si traumatise a l’epoque….mais je n’ai plus trop de souvenirs…;)

    1. Ce qui me surprend en fait est le contraste entre les films indiens dans lesquels, même si des sujets graves sont abordés, il y a toujours de la couleur, de la lumière, du plaisir à être là.
      Pour le Dieu des Petits Riens, j’ai finalement arrêté à cause de l’agression subi par le garçon dans le cinéma.

      1. Oh je pense que le cinema touche toute la population….et elle veut du colore….les manifestations religieuses restent quand meme tres tres tres colorees….pour la lecture, cela reste retrancher a une minorite…donc on reste dans le reel….c’est juste un avis….;)

  2. J’ai beaucoup apprécié nos échanges malgré les passages difficiles. Certains romans indiens sont parfois éprouvants à lire. J’espère qu’on aura l’occasion de partager d’autres lectures communes dans l’année. On se tient au courant. 🙂

  3. Tellement inspirant, ce billet de janvier !! « Coeur de loup » m’avait plu mais j’avais nettement préféré « L’explorateur » de K. Rundell aussi (abordant des thèmes plus variés, roman d’aventure plus foisonnant, si tu as l’occasion..). D’Elise Fontenaille, j’avais lu un autre ouvrage, tout aussi dense, tout aussi rude… Merci de nous ouvrir ces perspectives, Tiphanya ! J’essaierai de vous rejoindre courant février. Bonne semaine !

    1. Tu me rappelles que j’ai L’explorateur quelque part dans la maison (mon 6e sens me dit au fin fond de la chambre de ma fille). J’aime l’écriture et « Coeur de loup » et le personnage si fort et pourtant si enfantin de Féo. Je l’ai presque fini !
      Au plaisir de découvrir tes propres lectures.

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