4 bonnes raisons de voyager seule avec son enfant

voyageur seule avec son enfantJe ne vais pas tenter de vous arnaquer. Je pense qu’elles sont rares les mamans qui pendant leur grossesse se voyaient parcourir le monde seule avec leur enfant. Mais la vie en décide parfois autrement. Personne ne peut vous obliger à partir en voyage seule, c’est bien trop personnel. Mais si vous avez envie de prendre la route, pour un road-trip en Bretagne ou six mois en Asie, il n’y a pas de raisons qu’un divorce ou un papa accro au boulot vous empêche de partir.

Et si la première fois on se demande si on n’est pas en train de faire une énorme erreur (ça peut durer de quelques minutes à quelques jours), on apprend vite qu’en fait, il y a beaucoup de bonnes raisons à voyager seule avec son enfant. Pour vous le montrer, j’ai demandé un peu d’aide, à trois autres mamans. Au final cela donne quatre profils très différents et donc quatre bonnes raisons de voyager seule avec son enfant. Et si je suppose qu’il en va de même pour les hommes, il ne tient qu’à vous de venir témoigner dans un prochain article.

1. Se découvrir super forte – par Tiphanya, qui laisse son namoureux à la maison
Au quotidien, être seule (même deux jours) peut être de la folie. Pour vous en faire une bonne idée, je vous conseille cette vidéo de Florence Foresti.
Mais en voyage, il y a quelques choses en plus. Moins de vaisselle et plus de vie qui s’écoule au fil de la journée. Au moment d’aller me coucher, j’ai non seulement été une maman qui remplit son rôle, mais également une maman qui a su se débrouiller en italien, trouvé son chemin dans une ville inconnue, commandé à manger, pris de superbes photos, ri, joué, câliné…
Alors oui à la fin de la journée, je suis peut-être fatiguée, mais je suis contente de l’être.

Cette sensation de finalement pouvoir se débrouiller seule, elle apparaît très vite quand on voyage et elle reste, quand on ne voyage plus, que la vaisselle déborde, que l’alarme à incendie vous rend sourde pour de pauvres steaks hachés, que l’on est seule sans vraiment l’être (le papa rentrant dans moins de 5h par exemple). Dans ces moments du quotidien, je me sens nulle, mais dans un coin de ma tête, je sais qu’en réalité, je peux gérer seule. C’est une dose de confiance, des souvenirs forts qui témoignent d’une facette que j’ai peu l’occasion de montrer. Mais peu importe, je peux être une super forte.

Nine à la gare de Mulhouse
Nine à la gare de Mulhouse

2. Être une maman présente – par Laurence, dont le conjoint part travailler là où elle ne peut aller
Quels avantages de voyager seule avec son enfant ? La joie de partager des moments uniques avec son fils ! Mais est-ce uniquement réservé aux parents solos ? Pas du tout ! Chaque parent connaît ces moments lors d’un voyage en famille. Pourquoi d’ailleurs partir en vacances avec ses enfants ? Pour sortir de la routine quotidienne, les découvrir dans des environnements nouveaux, passer du temps avec eux, se créer des souvenirs ensemble. Voyager avec son enfant c’est une occasion supplémentaire de lui transmettre nos valeurs et notre curiosité pour le monde, de l’ouvrir à la différence et à la tolérance, de lui faire voir la beauté de notre Terre pour lui donner l’envie de la protéger et d’être un acteur responsable. Plus personnellement, voyager avec Sacha c’est être disponible pour lui, être vraie, posée et sereine, c’est être une maman ouverte, joyeuse et vivante. Je ne suis pas très douée pour le quotidien sédentaire qui a le don de m’éteindre. Je suis plus nerveuse, beaucoup moins patiente, moins enjouée. Alors, quand je voyage avec Sacha, quand je retrouve le mouvement, je revis et je préfère cette mère-là. Je ne pense pas qu’il faille se sacrifier au nom de ses enfants car quel message leur envoyons-nous, quelle responsabilité leur faisons-nous porter, quelle vie nous imposons-nous ? Voyager avec Sacha c’est être dans ma vérité et donc lui offrir une vie plus enthousiaste et joyeuse malgré les difficultés que l’on peut rencontrer sur la route. Y a-t-il réellement des avantages à voyager seule avec son enfant ? Peut-être que, par rapport aux femmes qui voyagent seules, c’est plus sûr. On se met beaucoup moins dans des situations à risques lorsqu’on a un enfant et les gens qui nous entourent sont bienveillants et veillent sur nous. Quand je suis seule avec lui, je suis entièrement avec lui et donc je peux attirer son attention sur les détails, passer plusieurs heures à observer la vie des grenouilles depuis un balcon au-dessus d’une mare et développer son sens de l’observation, lui apprendre aussi à se contenter de ce qu’on a, à prendre certaines responsabilités et développer son autonomie, à voyager léger. Plus il grandit, plus je peux compter sur lui.

Sacha au Sénégal
Sacha au Sénégal

3. Partager plus de complicité – par Marie-Laure, maman solo
Je ne sais pas trop expliquer pourquoi c’est si positif pour nous de partir seuls. Mais c’est une évidence ! Peut-être que je suis seule depuis trop longtemps et que je suis trop indépendante à présent pour lâcher prise et me dire que partir à 3 pourrait être chouette aussi. Je n’ai pas de point de comparaison, nous ne sommes jamais parties à « 3 ».
Il souffle un vent de liberté de partir à l’aventure, un soulagement authentique, les mains dans les poches.
Du coup ça se ressent nettement sur mon fils M., il est détendu, maman est attentive, disponible pour écouter tous ces blablatages et observer ces aventures. Même mon timbre de voix est modifié, doux et plus lent. En plus nous choisissons ensemble la destination et presque à chaque fois le cadre est dépaysant.
Il nous arrive, la moitié du temps environ, d’être seul et dans ce cas on se consacre exclusivement l’un à l’autre. Par exemple si M. joue sur la plage, je lui laisse le temps de se rassasier de son jeu et nous partons quand il a fini.
Nous sommes comme une équipe. Il ne suit pas vraiment, ni moi d’ailleurs. Si M. décide de prendre ce chemin à gauche, nous le prenons, si plus tard je décide de prendre celui-ci à droite, nous le prendrons. Pas de chamaillerie à ce sujet, nous sommes doués pour la conciliation. C’est l’avantage de ne pas avoir d’itinéraire prévu (sauf exception) et de se laisser porter.
Et quand nous rentrons, il nous reste de nombreux souvenirs partagés. Il apprend beaucoup, moi je l’observe. Nous conservons le souvenir de nos aventures, comme se faire piéger en bas d’une falaise à cause de la marée haute et se retrouver sur une île bretonne pendant 3 jours avec des vêtements trempés qui refusent de sécher. Sans oublier des photos à la pelle et le journal de voyage (très simple) de chaque séjour que nous tenons ensemble.
En général nous sommes plus fatigués au retour qu’avant de partir.

Nine à Zagreb
Nine à Zagreb

4. Faciliter les rencontres – par Florence, maman solo
Je voyage seule avec ma fille quasiment depuis sa naissance. Mère-célibataire , il n’était pas question pour moi que ma vie -et mes passions- s’arrêtent sous le prétexte que j’étais maman. En vérité, cela a été plutôt l’inverse. Sa naissance a provoqué chez moi l’impulsion et le courage pour vivre selon mes rêves, en pensant que ce serait le meilleur exemple a donner à ma fille.
Une de mes grandes passion étant de voyager, on s’y est mis progressivement, en fonction de son âge : de 0 a 3 ans, on a beaucoup voyagé en France, avec ma voiture, que j’avais aménagée pour pouvoir y dormir, et en faisant escale chez des amis ; à 4 ans, premier voyage lointain, direction la forêt équatoriale Camerounaise ; à 6 ans, premier long voyage : 3 mois entre Mexique, Guatemala, Nicaragua… Et comme le virus nous tiens toujours, l’année prochaine, c’est pour l’Inde que l’on mettra le cap, s’il plaît à Dieu, inch Allah!!
Car en réalité, en voyage seul(e) avec son enfant, on n’est pas seul(e).
Je veux parler des rencontres que l’on fait en voyage. Voyager seul(e) permet d’être plus ouvert aux rencontres, voyager avec son enfant permet d’être ouvert, mais en plus, de susciter la curiosité, la sympathie, l’instinct de protection, la confiance…
Les autochtones nous abordent plus facilement, on entre dans les familles, le voyage s’enrichit de toutes les belles rencontres occasionnées par ce petit être si mignon et innocent qui nous accompagne : je vois d’ici les jaloux qui n’ont pas la chance d’en avoir pour leur voyage!
Et on se priverait de voyager avec ce passeport ambulant qui ouvre tant de portes??

Florence maman solo
Florence et sa fille

Je l’ai dit en introduction, voyager seule ne se fait pas sans stress et inquiétude. Et là encore, nous sommes toutes d’accord. Mais Laurence l’a très bien mis en mot, alors je suis laisse l’honneur de la conclusion.

Mais voyager seule avec son enfant, c’est transformer le simple fait d’aller aux toilettes en véritable expédition rocambolesque avec sacs et enfant. C’est porter seule les bagages pour deux et donc réduire ses effets personnels au strict minimum. Quand nous sommes partis au Sénégal, j’avais pour nous deux un sac de 13 kg (dans lequel j’avais ajouté un gilet de sauvetage pour les trajets en pirogue et une trousse de secours). C’est passer sa soirée devant la porte de sa chambre à attendre qu’il s’endorme (parce que Sacha n’a jamais réussi à s’endormir quand j’étais dans la chambre). C’est tout assumer pour deux sans aucune aide et être responsable. C’est ne pas avoir de temps pour soi, pour souffler, pour lire tranquillement en buvant un verre ou faire une activité qui ne convient pas aux enfants. C’est aussi gérer seule les chagrins, les frustrations, les fatigues, les chocs émotionnels alors qu’on est soi-même fatiguée. C’est parfois s’endormir en même temps que son fils et être réveillée à 4h du matin par une toux ou des pleurs. C’est assumer seule les passages aux toilettes et les petits ou gros bobos. C’est pouvoir gérer plusieurs choses en même temps telles que surveiller l’enfant qui joue pendant qu’on négocie un prix de bus tout en tenant ses affaires et en essayant de comprendre où va le bus. C’est aussi faire face à certains jugements sur le fait de voyager avec son enfant sans son mari et se rendre compte alors de la chance et de la liberté qu’on a en tant que femme occidentale. C’est donc savourer chaque instant. C’est se réjouir de voir son enfant grandir et s’éloigner de nous pour jouer avec d’autres (parce qu’être avec maman tout le temps c’est bien mais parfois on a besoin de respirer un peu). C’est une école de confiance car pour voyager seule avec son enfant il faut être sûre de soi, forte et pleine de ressources. C’est une école d’humilité quand on voit la facilité de nos existences de mère par rapport aux conditions des femmes et des mères dans d’autres endroits du monde.
Voyager seule avec un enfant n’a rien d’exceptionnel. Pas plus que d’être seule ou seul, en couple, entre amis ou en famille. C’est une autre manière de voyager, une autre manière de voir le monde, une autre manière d’aborder les gens. Ni plus ni moins.

Merci beaucoup Laurence, Marie-Laure et Florence de vos témoignages. Et si vous lecteurs-lectrices vous cherchez des conseils, jetez un oeil à cet article ou posez vos questions en commentaire.

12 commentaires Ajoutez les votres
  1. Merci pour ce billet, je viens de relayer 😉
    Lorsqu’elles étaient petites, jamais voyagé seule avec elles… maintenant oui, c’est arrivé et je constate qu’on ne voyage pas de la même façon en famille et avec ses enfants/ados. A trois, nous coordonnons les trajets, les prises d’infos, pas besoin de chercher des « trucs de mecs » qui vont lui plaire, on peut passer trois heures à faire un « truc de filles ». A tester ! 🙂
    Bons voyages !

  2. Merci beaucoup pour ce post! Je vis à Shanghai, j’ai deux fils de 2 et 4 ans et nous sommes partis en Inde en octobre, voyage de groupe pour une première. J’espère repartir vite pour d’autres destinations seuls cette fois, mais j’avoue que la présence d’un groupe était réconfortante pour un baptême. Mes fils sont habitués au trajet en avion pour aller en France j’ai cette chance.
    Merci pour ces témoignages qui me comfortent dans mes choix!

    1. Merci de ton propre témoignage. Je n’aurai pas osé un voyage de groupe, de peur que ma fille ne puisse suivre le rythme. Et je dois dire que je ne pensais même pas qu’il était possible de s’y inscrire avec des enfants.

  3. Grace à vous, j’ai pris ma confiance a deux bras et j’ai confirmé mes vacances en solo avec mon petit pirate de 5 ans !
    Merci pour tout vos conseils !

  4. Merci beaucoup pour cet excellent article très instructif et pertinent. Je suis toujours très admirative de ces femmes qui ont ce courage de voyager avec leurs enfants. Un grand bravo de pouvoir voyager et d’entamer ce mode de vie incroyable.

  5. Sympathiques témoignages…. Je viens un peu tard… Mais je me retrouve dans ces vécus. Maman solo d’une petite de 20 mois. On a commencé par un voyage au Brésil fortaleza elle avait 9 mois. Étonnamment c’était facile les gens étaient gentils avec nous. On a continué par une croisière dans Les Caraïbes elle avait à 17 mois. Tout simplement super puisque je ne faisais rien. Manger ménage…. aucune prise de tête. Que du plaisir. Et là on retourne au Brésil à Salvador. Je n’appréhende plus. J’ai hâte. Conclusion : ça fait du bien de voir que l’enfant s’épanouit, s’ouvre aux autres, est curieux de tout. Bref ça ouvre l’esprit. Bénéfices. Nos liens sont plus forts complices. Même petit ils comprennent. J’ai envie qu’elle découvre d’autres cultures…..l’année prochaine je pense partir vers l’Asie….

    1. L’Asie nous a majoritairement semblé facile en famille, car même s’il n’y a pas toujours d’équipements pour les enfants, on les considère avec respect. Belle balade à vous deux.

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