J’aurai également pu titre « écrire un blog en 2025 ».
Je me sens tellement anachronique sur certaines choses. Je sais que les blogs existent toujours, de même que le monde de l’édition. Toutefois ces deux univers sont en pleine transformation.
Je suis tellement anachronique que la photo de cet article est le résultat d’une activité réalisée cette été avec mes élèves. Suite à une chanson, ils ont créé des slogans écolo, les ont transformés en marque-pages et le tout a été offert à la bibliothèque de Morzine pour que les membres puissent se servir librement.
Côté édition, étant moi-même relectrice avec un pied du côté éditorial (en gros je ne traque pas que les coquilles), je me rends compte à chaque livre que je lis combien le travail éditorial est de plus en plus mis de côté. Pas partout, je viens de lire deux merveilles en fantasy dans la collection Court Toujours (Le roi des Sylphes et Il était ma légende, gros coup de cœur pour la capacité des auteurs à maintenir l’équilibre univers foisonnant / texte très court).
Je vois aussi l’essor de l’auto-édition, ces courageux et courageuses qui prennent en charge toute la ligne éditoriale et réalisent les ventes sur leur site ou Amazon avec parfois bien plus de succès que l’édition traditionnelle.
Mais moi, j’ai envie d’un truc à l’ancienne. J’ai envie de confier mon récit de voyage (écrit, déjà retravaillé suite à une première série de conseils) à un éditeur avec qui je pourrai travailler pour en faire quelque chose d’encore mieux. J’ai envie de faire des aller-retours par mail, découvrir la couverture, le voir en librairie. Je souhaite de remettre de la vie dans un texte dont la première mouture date de 2011, le voyage ayant eu lieu en 2011. Dans un monde où l’on poste en direct les photos de ses vacances, je doute de ma démarche et de ma temporalité.
C’est un peu comme pour le blog, j’écris « à l’ancienne » pour créer un lien. Je pose toujours des commentaires sur les blogs des autres et je surveille les réponses dans ma boîte mail. Je suis bien passée aux réseaux sociaux, mais les blogs offraient un autre rythme qui me plaît toujours.
Après tout, j’écris des lettres manuscrites à une correspondante qui vit au Japon…
Par dessus mes envies, il y a mes peurs.
Celle du silence qui résonne si fort sur les blogs.
Celle du refus, si j’ose soumettre mon manuscrit à des éditeurs.
Celle du vol, face à l’IA, enfin aux IA, qui se servent allègrement sur le net pour faire leur tambouille et créer des vomis de mots.
Celle de la remise en cause de mes idées, de ma propre évolution.
Ainsi en 2025, je doute même de la pertinence de publier un récit de voyage. J’aime ce que j’ai fait, je pense offrir une fenêtre sur un pays et un quotidien méconnus. Mais qui lit encore ces textes ?
En tout cas je vais essayer de trouver le moyen de continuer à écrire. Entre les cours que je donne (il y en a beaucoup cette année, à ma grande surprise j’ai réussi à remplir tous les ateliers que je propose), entre l’instruction en famille de ma fille (et c’est une autre paire de manches de l’accompagner sur du niveau lycée) et le besoin de prendre soin de ma santé.
Je suis sans doute aussi anachronique que toi, je préfère les blogs aux réseaux sociaux. Si tu en ressens le besoin, je te dirai fonce pour ton récit de voyages, qui ne tente n’a rien comme on dit, bon week-end!
Merci pour ton message !
J’ai moins de temps qu’avant, mais je prends toujours plaisir à lire des blogs et à écrire dans le mien ! 🙂
Il me semble que les récits de voyage peuvent toujours intéresser, si tu en as envie… Fais le !
Bravo pour tous tes cours et atelier ! Pas facile de se lancer dans un nouveau projet, je comprends tes peurs mais si tu n’essayes pas, tu peux peut-être passer à côté de quelque chose, c’est ce que je me dis parfois. Après, c’est en fonction de tes envies bien sûr et de ta motivation. 😉
Il y a toujours des personnes pour bloguer bien que la dynamique ait un peu changé ! Je me sens parfois tiraillée entre le blog et les réseaux sociaux. Certains ont fait un choix, pas si simple…
Concernant les récits de voyage, il m’arrive d’en lire surtout quand ça évoque le Japon et l’Inde ! 😉
Je crois que le tiraillement vient aussi du besoin de gérer son temps. Il me semble impossible d’être partout et du coup je me disperse au lieu de faire un truc à fond.
Je n’avais pas vu ton article… Je pense qu’il est essentiel de faire les choses de manière anachronique.
La publication d’un récit de voyage demande beaucoup d’investissement aussi de l’auteur et, dans la conjoncture actuelle au niveau de l’édition (en tout cas de la petite édition indépendante), c’est compliqué. Il est vrai que ton texte apporte un regard intéressant et inédit sur un pays dont on ne parle que d’une seule manière. Il a donc un intérêt réel.
Pour le blog, je suis d’avis qu’il faut continuer…
Enfin, ton travail est fantastique avec tes ateliers… Et je suis contente qu’ils soient tous remplis.