Baïka, du voyage à chaque page

magazine voyage pour enfant BaïkaQuand un nouveau magazine dédié au voyage apparaît, j’ai du mal à y résister. J’ai donc contacté les éditions Salmantina qui m’ont fait parvenir un exemplaire pour vous en parler. Je vous présente Baïka, magazine trimestriel pour les 8-12 ans.

Je suppose que plusieurs d’entre vous connaissent déjà Cram Cram, magazine alternatif sur les voyages pour les enfants en primaire. Les deux magazines ont en commun le thème principal (les voyages), l’envie d’un magazine complet (avec des blagues, des jeux) et la présence du témoignage d’un enfant.

Mais la ressemblance s’arrête là et tant mieux. Cram Cram et Baïka ne se font pas vraiment concurrences, acheté l’un n’empêchera pas de vouloir l’autre. San compter qu’au final le profil des lecteurs n’est, à mon avis, pas exactement le même.

Baïka, c’est avant tout un univers graphique fort et une volonté claire : sensibiliser à la diversité culturelle du monde (ce qui me lisent régulièrement savent donc que j’étais déjà conquise avant d’ouvrir le magazine). Ainsi Baïka s’organise autour de deux éléments clés : un conte ou une légende et l’entretien d’un migrant.

extrait magazine voyage Baïka

Et oui, c’est qu’en plus le magazine se veut engagé. Moi ça me va.

Je ne vais pas faire que jeter des fleurs à Baïka. J’ai trouvé dommage que pour le premier numéro le thème de la migration soit abordée avec beaucoup de difficultés supplémentaires pour les jeunes lecteurs. Erion vient d’Albanie et a fui son pays en 2002. Nous nous retrouvons face à une histoire compliquée (les conséquences de la chute du mur), pas encore évoqué à l’école, éloigné de leur quotidien et face à un pays dont la plupart des gens ignorent l’existence.
Je suis d’accord sur l’idée de mettre en emphase le témoignage, le vécu d’un enfant (enfin, tout de même âgé de seize ans au moment de son voyage), mais sans contexte, ça perd en partie de son intérêt.

Par contre la double page sur la langue albanaise m’a ravie ! De même que la page de blagues où elles sont toutes proposées dans la langue d’origine et en français.

extrait magazine baïkaEt finalement, c’est face à mon enthousiasme et mon impossibilité de le proposer à certains jeunes de niveau primaire autour de moi que je me suis rendue compte du vrai défaut de Baïka, qui ne devrait pas en être un très longtemps, juste le temps de trouver son lectorat.

Baïka est un magazine exigeant, qui pense que les enfants peuvent beaucoup. Oui, c’est vrai. Mais surtout, Baïka est un magazine qui est fait pour être découvert soit par des enfants déjà très intéressés par ce genre de questions, soit par des enfants accompagnés par un adulte.
J’ai travaillé en librairie jeunesse et je sais que nombreux sont les parents qui ne veulent pas ou n’ont pas le temps d’accompagner leur(s) enfant(s) dans ses lectures. C’est même pour ça qu’ils font appel aux conseils des libraires spécialisés, pour s’assurer du contenu sans avoir à le lire eux-même. Mais ici, je pense que ce serait nuire au magazine que de l’acheter, le donner et considérer son rôle comme terminé. Oh bien sûr il y a des enfants qui ne veulent pas de leurs parents dans leur lecture (c’était mon cas), mais dans ce cas-là, il faudra prévoir d’emprunter un livre sur l’Albanie à la bibliothèque, juste au cas où.

Et comme il n’y a pas que l’Albanie dans ce numéro, j’y ai découvert le projet An Eye for an Eye, une correspondance photographique entre enfants. Toutes les photos sont sur le thème des animaux (thème de l’hiver 2015) et c’est un œil très frais sur un quotidien banal mais lointain. J’ai pris le temps de regarder quelques vidéos mises en ligne par l’association et il y a des tonnes de sourire et de concentration, je vous les conseille.

Et pour finir, je vous laisse avec mes prénoms, si j’étais née ailleurs.
Si j’étais Balinaise, je m’appellerais Wayan (et mon namoureux et ma fille aussi…).
Si j’étais Islandaise, je m’appellerais Tiphanya Christiandóttir.
Si j’étais Russe, je m’appellerai Tiphanya Christiana.

Découvrez une interview de la rédac chef, Noémie Monier, ici.

Si vous avez vous-même testé Baïka, n’hésitez pas à laisser votre avis. Et si vous avez des questions, je ferai de mon mieux pour y répondre.

5 commentaires Ajoutez les votres
    1. Bonjour Jicé,
      Nous ne sommes pas encore distribués nationalement en librairie.
      Vous pouvez acheter Baïka sur http://www.baika-magazine.com, au numéro ou sur abonnement. Nous sommes également vendus à la
      librairie Envie de lire à Ivry-sur-Seine, la librairie roulante Le
      Mokiroule (Ardèche, Saint-Laurent-du-Pape) et l’épicerie Sérendipité à
      Chexbres, en Suisse.
      Bien à vous,
      Noémie Monier

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