Galères en voyage

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A défaut de me mettre en mouvement pendant ces trop longs mois d’hiver, je me plonge dans les souvenirs. Suite à la lecture de cet article de Marie-Julie (dont j’aime beaucoup le franc-parler), mon namoureux et moi avons évoqué plusieurs galères. Celles dont on rit avec plaisir, celles où je me demande comment on avait atterri là.

Le premier constat est que si je dis toujours avec humour que je ne suis pas fan des voyages en bus, les bus me le rendent bien.

Il y a ce malaise dans un bus à Penang. Aucun souvenir de où nous allions, mais le besoin urgent d’air, de descendre et de m’asseoir. Alors que j’étais déjà assise et qu’une fois dans la rue je me suis rappelée qu’il n’y avait pas d’air dans ce coin du monde… Ou cet autre bus, toujours à Penang, que nous avons pris à l’envers. Ou celui à Singapour qui n’était pas du tout l’express rejoignant le centre ville.

Ou encore le jour où pour nous faire gagner du temps, le chauffeur de bus nous a déposé à l’arrache devant l’entrée du port de Patras (en Grèce). Il y a des voitures derrière, il faut faire vite. C’est à dire descendre nos deux énormes sacs à dos, nos trois sacs perso sans oublier Nine, 23 mois, et quelques jouets et livres. Vite, vite. Ce n’est qu’au moment d’acheter nos billets pour prendre le bateau que j’ai découvert le truc que j’avais oublié dans le bus. La sacoche avec les trois passeports, le téléphone, l’argent, les coordonnées de notre logement du soir, tout… Heureusement l’histoire se finit bien, l’un des chauffeurs était au bar du port pour le déjeuner.

Bus pour aller de Kara à Lomé, Togo

L’autre constat est que la Malaisie a été un voyage éprouvant. En fait je me plains souvent de mon séjour au Kirghizistan, mais rétrospectivement, c’était cool le Kirghizistan.

Adepte du couchsurfing, mon namoureux et moi devions passer deux nuits chez des colocs à la sortie de Georgetown. Ils étaient un peu loin de tout, mais ils avaient de bonnes critiques et une vraie chambre à proposer. Enfin, sur le papier. Sur place, nous avons découvert un matelas au sol collé contre l’escalier car la chambre en question avait un problème de toit. Nous dormions donc dans un couloir qui donnait sur la terrasse. Une très belle terrasse au passage, donnant sur un temple si typique. Jusqu’au moment où au beau milieu de la nuit, le temple Hare Krishna prit vie bruyamment. Tambours et musiques envahirent tout l’espace. Je me suis réveillée en sursaut, le cœur battant bien trop vite. Mon namoureux n’a pas bougé. J’ai ainsi passé un long moment sur le pas de la porte de la maison, avec le seul des coloc tout aussi réveillé que moi, à attendre que ça passe.

Et comme j’aime les challenges, je dois avouer que ce voyage en Malaisie était mon premier voyage avec mon namoureux, et ses parents, et ses trois sœurs. Nous étions ensemble depuis trois mois seulement et ma présence était une idée de sa mère. Je n’avais jamais mis les pieds en Asie, je ne pouvais refuser. À l’époque, cela faisait 10 ans que je voyageais seule. Comme toute seule à mon rythme sans rendre de compte à personne. Sans remarque sur le contenu de mon petit déjeuner. Sans besoin d’attendre qui que ce soit pour débuter ma journée. Ce fut l’occasion d’expérience que je n’aurai jamais pu vivre sans eux, une ouverture d’esprit sur le fait de voyager chacun à son rythme et un certain lot de mal de tête à la fin de la journée.

Notre « chambre » en haut des escaliers de l’un de nos hôtes en Malaisie

Mais c’est vrai qu’il n’y a qu’au Kirghizstan que j’ai été chargé par un âne. Seul endroit du monde également où j’ai découvert que tous mes élèves savaient qu’il fallait se mettre à l’abri quand un fou du volant alcoolisé s’amuser à faire du rodéo dans la rue du village en fin de journée.

Et puis il y a toutes ces situations improbables mais qui auraient pu arriver n’importe où.
En Sicile, le détecteur de la cuve d’eau installée dans notre chambre est tombée en panne. Nous sommes donc rentrés de balade pour découvrir un centimètre d’eau dans tout l’appartement.
En Grèce, lors des tempêtes (courantes pendant le mois de novembre que nous avons passé sur place), l’eau entrait dans l’appartement par la porte-fenêtre. Nous étions alors obligés de fermer les volets et de nous cloîtrer longuement.
Il y a aussi eu cette grosse frayeur lorsque l’une des enfants dont je m’occupais comme fille au pair s’est fait mordre à la cheville par un tout petit chien dans une rue de New-York. C’est presque l’un de mes pires souvenirs de voyage.

Sinon Tunis sous la pluie, c’est mieux avec des bottes…

Enfin, un voyage ne serait pas un vrai voyage sans petit soucis linguistique.
J’ai ainsi répondu que oui j’adorai les soussi pour faire plaisir à mon hôte, sans comprendre qu’il me proposait des sushi, dont je n’étais pas trop fan à l’époque.
J’ai commandé une pizza entière à New-York ne comprenant pas ce qu’il se passait (et quand une seule part aurait été largement suffisante).

Ceci n’est qu’un échantillon de mésaventures, et je ne me suis arrêtée, non pas à cours de souvenirs, mais de peur de vous lasser.

Et vous, quelles galères avez-vous rencontré en voyage ?

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10 réponses à Galères en voyage

  1. sofynet dit :

    Des souvenirs qui avec le temps font sourire 😀 …
    Pour ma part ? Seule à l’aéroport de Vienne, pour rentrer sur Paris, sans comprendre un mot d’allemand (et certainement pas très attentive car fatiguée)… J’ai loupé les différents appels pour mon avion, jusqu’au dernier, et me suis précipitée en courant, sac à dos au vent… Pour être arrêtée par la douane et entièrement fouillée, sac compris, parce que mon attitude les a stressés …. Mais j’ai quand même pu rentrer … 😀
    Même voyage, nous étions trois, et l’envie de voir Budapest. Nous étions deux avec seulement une carte d’identité, donc file d’attente pour avoir le document pour passer la frontière, le troisième avait un passeport, et très fier de nous le dire sans arrêt … Arrivés à la frontière, il s’avère que son passeport… était périmé !!! Je ne sais d’ailleurs plus comment il a pu passer au final !

    • Tiphanya dit :

      ça me rappelle un voyage en Allemagne, où l’on m’a arrêté avant de monter dans l’avion. Je ne comprenais rien, mais il y avait un problème avec mon passeport. Finalement mon interlocuteur m’a montré le problème : je n’avais pas signé mon passeport…
      Aujourd’hui ça semble tout bête, mais je suppose que comme moi le jour même on se sent vraiment mal.

  2. Martine dit :

    Haha. On a touuus des souvenirs du genre. Par contre, la pluie qui rentre pa la porte fenêtre, pas besoin d’aller bien loin pour l’experimenter. Viens chez moi ça suffira!!

  3. Aurélie dit :

    Lol, j’ai bien ri à la lecture de tes galères… elles font vraiment le sel des voyages, même si sur le moment elles peuvent être bien pénibles ! C’est vraiment le « sur le coup on peste, après on en rigole ». Tu me donnes envie de faire un article sur cela moi aussi, tiens !
    En tout cas, comme ça au débotté, les galères qui me viennent en tête sont :
    – A Buenos Aires, nous devions prendre notre vol pour Ushuaia… si ce n’est que l’agence de voyage n’avait pas jugé bon de nous dire que notre vol avait changé d’aéroport de départ. On a vu le monsieur de l’enregistrement se décomposer en nous regardant… et on a sauté dans un taxi pour traverser la ville. On a eu notre vol ric-rac, mais on l’a eu… et cela nous a confortés dans notre petite obsession de toujours arriver en avance à l’aéroport !
    – A Hanoi, il s’est mis à pleuvoir pendant qu’on était au resto… on est rentrés à l’hôtel avec de l’eau jusqu’à mi-mollets
    – Un hôtel à Florès, en Indonésie… miteux de chez miteux, salle de bain plus que rudimentaire, draps pleins de trous de cigarettes… et surtout, la mosquée collée à côté, et pas de vitrage aux fenêtres. On n’a pas beaucoup dormi…
    – Toujours à Florès, ma double piqure de frelon sur le visage… et je me suis mise à gonfler, gonfler alors qu’on était loin de tout. Un bon moment de stress…
    – Le bus en Amérique du sud qui est reparti sans moi alors que j’étais descendue faire une pause pipi… Benoît a couru prévenir le chauffeur, mais c’était moins une 😀
    – etc, etc… Rhaaaa la la, je crois que je vais te plagier un de ces quatre, il y e aurait tellement à raconter 😉
    Bises et bon dimanche !
    Aurélie Articles récents…En week-end à l’Entre-Deux, à l’assaut du Dimitile ! (28 et 29 janvier 2017)My Profile

    • Tiphanya dit :

      Le truc avec les galères, c’est que c’est un peu comme une boîte de pandore, quand tu commences à raconter, il y en a toujours une autre qui surgit ! Alors n’hésite pas à faire un article, c’est toujours agréable de se sentir moins seule face aux petites surprises des voyages.
      Mais le coup du bus qui repart sans toi, je crois que je ne vais plus jamais oser faire une pause pipi (déjà que j’hésite toujours quand je suis seule).

  4. Adeline dit :

    Les galères j’aime bien, je crois que ça me laisse les meilleurs souvenirs après 😀
    Je me souviens d’une arrivée par le bus avec les vélos à Killarney, à 11h du soir sous une pluie battante, dans une nuit noire, avec 7kms à pédaler pour trouver le camping. J’aurais bien fait du camping sauvage, mais les sols autour de nous étaient détrempés. Donc on s’est dirigés sous la pluie avec juste la frontale et le plan du guide du routard pour se repérer (guide quasiment tout de suite trempé)…
    Je me souviens aussi d’une étape de rando où on s’est perdu, on a décidé de descendre la montagne par le lit d’un torrent asséché, avec la crainte permanente de tomber nez à nez avec une falaise, et au bout d’un moment le bruit de l’eau qui parvient à nous… Ouf on était arrivé en bas.
    Et sinon y’a les nuits en bivouac à -10, avec l’eau gelée le matin, la galère pour faire le thé, les doigts glacés pour refixer les bagages sur le porte vélo…
    Tellement de chouettes aventures. Malgré tout, les galères avec enfant je n’ai pas trop expérimenté, je ne sais pas si je saurais gérer ça avec autant de flegme et de rigolade…
    Allez, ton article m’a fait bien rigoler en tout cas, et donné envie de repartir en voyage !
    Adeline

    • Tiphanya dit :

      Avec enfant c’est différent et ça demande de relativiser sur d’autres choses.Et tes galères me donnent envie de repartir en vélo (je ne l’ai fait qu’une seule fois pour l’instant).

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