Dans ma bibliothèque #9

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En ce moment je suis plongée dans plusieurs livres très pédagogiques. Du coup, pour me changer les esprits, au lieu de lire des romans, je me plonge dans des bandes dessinées.

Voici donc mes dernières lectures suivies par des lectures mère-fille (avec Nine 4 ans 3/4 à ce moment là). Si l’un d’entre eux vous intéresse, il suffit de cliquer sur le titre pour pouvoir le commander.

Grandir bilingue dans une famille monolingue : Mother Tongue par Christine Gilbert

Je trouve que Christine Gilbert est une personne très inspirante. Elle est nomade depuis plusieurs années et voyage avec son mari et ses enfants.
Alors qu’elle n’avait qu’un seul garçon, elle a décidé de tout faire pour lui permettre d’être plurilingue. Le décès de son grand-père a été un électrochoc, car elle a découvert que le plurilinguisme permet de retarder certaines maladies mentales de 4 à 5 ans. Son grand-père était malade et bilingue. Elle décide alors de tout faire pour que son fils âgé de deux ans, apprenne le chinois, l’arabe et l’espagnol.
Son livre est passionnant à deux niveaux. Il mêle recherches documentaire sur l’apprentissage des langues et témoignage personnel. Elle essaye les méthodes à la mode, les conseils un peu bizarre. Elle embauche des professeurs, des nannies, et elle essaye l’immersion totale. Elle se trompe, elle fait de nouveaux plans et sa famille la suit.
Ce n’est pas l’histoire d’une famille parfaite, c’est celle d’une maman qui essaye de faire de son mieux. Elle échoue parfois, elle doute, mais jamais elle n’abandonne.
J’ai adoré la suivre dans son parcours. Elle tient aussi un discours que je partage : n’apprenez une langue que si la culture vous intéresse, quelque soit la langue ! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais foncez, il est passionnant.

Vouloir le meilleur pour ses enfants : Battle Hymn of the Tiger Mother par Amy Chua

Ce livre, disponible en anglais (lien ci-dessus) et en français , avait beaucoup fait parler de lui à sa sortir. Amy Chua est une Tiger Mother, une mère chinoise hyper exigeante envers ses enfants. Elle a été présentée comme un monstre tyrannique et comme je n’aime pas les excès, je l’ai immédiatement acheté pour me faire ma propre opinion. Bon j’ai mis ensuite 5 ans avant de l’ouvrir mais je ne regrette pas du tout ma lecture.
Amy Chua est une brillante universitaire, professeur de droit à l’université de Yale. Elle est aussi la maman de deux jeunes filles et son livre n’est pas un guide de conseils pour éduquer vos enfants. Ce sont des mémoires, le témoignage personnel d’une maman qui, elle aussi, tente de faire du mieux qu’elle peut.
Elle a énormément de caractères et d’énergie. C’est ainsi que dès le départ elle contrôle tout. Ses filles ne peuvent ni regarder la télé ni jouer aux jeux vidéos et ont l’obligation de ne rapporter de l’école que les meilleures notes.
Cependant entre nos attentes envers nos enfants et la réalité il y a souvent un fossé. Amy Chua revient avec humour sur ses défauts, ses excès, son obstination. Je l’aime beaucoup. Bien sûr elle est complètement excessive, mais elle se dévoue pour ses idées. Elle ne fait pas que dire qu’il faut s’occuper de ses enfants, elle est totalement présente pour elles. Je serais incapable d’une telle implication.
Cette biographie est très enrichissante. Et même si je ne serai jamais une Tiger Mother, j’en suis ressortie avec l’envie d’être plus impliquée aux côtés de ma fille.

Renouer avec la nature : Comment élever un enfant sauvage en ville par Scott D. Sampson

Je suis au milieu de la lecture de ce titre et j’adore. Avant de vous dire que j’aime tout ce que je lis, dites vous que je ne vous donne mon avis que sur les livres que j’ai aimés.
Ce livre possède une petite pastille qui dit « 10 secrets pour faire entrer la nature chez soi ». En réalité si vous cherchez des solutions rapides pour être en contact avec la nature, autant acheter La famille Buissonnière. Par contre si vous voulez repenser votre rapport à la nature, construire du lien durable et une vraie compréhension de la nature, ce livre est pour vous, que vous habitiez en ville ou non.
Il y a bien quelques secrets, mais l’auteur nous propose surtout de repenser la nature et la position de l’homme. Il s’adresse aux parents, mais aussi aux professeurs. Il décrit une école incroyable que j’adorerai voir construire. Petit à petit, il tente de nous aider à devenir des passeurs de nature, sans jamais nous ancrer dans un lieu, mais juste dans notre vie à nous.
C’est un livre qui prend appui sur de nombreuses études. Il ne se contente pas de vous dire « la nature c’est bon pour vous ». Saviez-vous qu’un chercheur a mis en avant qu’à la suite d’une opération chirurgicale, « les patients bénéficiant de plantes vertes dans leur chambre d’hôpital présentaient des taux de tension, un degré d’anxiété, un rythme cardiaque et un niveau de douleur nettement inférieur à ceux des occupants de chambres exemptes de plantes » (p57) ?
Attention, ce livre donne furieusement envie de mettre les mains dans la terre, de lire des livres à votre enfant, d’apprendre la langue des oiseaux, de s’asseoir et d’écouter…
Petit détail, ce livre renvoie un écho très positif à un livre de John Holt que je suis en train de lire. Scott Sampson a une façon d’appréhender les apprentissages très naturelle et bienveillante.

Les dernières années d’une aventurière : Une vie avec Alexandra David-Néel par Campoy & Blanchot

Changement de décor avec cette bande dessinée consacrée aux dernières années de vie de l’incroyable Alexandra David-Néel. Jusqu’à présent j’ai surtout lu sur ces exploits et surtout sur son voyage jusqu’à Lhassa.
Ce livre (en deux tomes, je n’ai pas encore lu la fin) s’intéresse aux dernières années de vie de l’aventurière, en suivant sa dame à tout faire, Marie-Madeleine Peyronnet. On y découvre une autre facette d’Alexandra David-Néel. C’est une femme dure, exigeante, mais qui a du mal à se déplacer.
Je n’ai pas totalement accroché avec le graphisme, mais j’ai refermé ma lecture en étant hyper déçue de ne pas avoir la suite. Il y a beaucoup de solitude entre les pages de ce livre. Et je ne peux m’empêcher de l’associer au fantastique roman Mrs Palfrey, Hôtel Claremont d’Elizabeth Taylor. Vieillir est toujours difficile et solitaire.

Découvrir les oiseaux américains : Sur les ailes du monde, Audubon par Grolleau & Royer

Deuxième bande dessinée biographique, sur un aventurier d’un genre bien différent. Audubon, d’origine française et naturalisé américain, est peu connu en France. Il faut dire qu’il a mis toute son énergie de scientifique à découvrir et recenser les oiseaux du continent américain. Il était tellement obsédé par les oiseaux qu’il a été là où aucun homme blanc ne vivait encore.
Sa recherche et ses voyages (à partir de 1810) défilent dans cette BD en un seul tome et on découvre des oiseaux magnifiques, des espèces disparues ou menacées.
C’est un récit très doux sur un homme rêveur, sur un monde qui n’existe plus.

Découvrir la civilisation américaine : Tocqueville, vers un nouveau monde par Kévin Bazot

Cette bande dessinée pourrait être la suite des aventures d’Audubon, bien que le récit ne prenne place que vingt ans plus tard en 1831.
Tocqueville est un philosophe français surtout connu pour son essai De la démocratie en Amérique. Mais à la suite de son voyage américain il a également publié un texte intitulé Quinze jours dans le désert, dans lequel il revient sur sa recherche des espaces vierges américains et des indiens. La bande dessinée que j’ai lu est directement inspiré de ce récit.
Tocqueville va aller de déception en déception au fil de son voyage. Il va prendre conscience des différences profondes entre l’Amérique et l’Europe, il va découvrir l’avancée galopante de la civilisation et saisir la mort imminente des derniers espaces sauvages.
C’est un récit un peu triste vers une mort inéluctable. Impossible de ne pas penser à La petite maison dans la prairie (le livre pas la série très « romancée ») et à ses pionniers.
Si mon amoureux est ressorti de sa lecture avec l’envie de relire l’essai philosophique de Tocqueville, moi, je suis ravie de rester sur l’image d’humaniste aventurier.

Rêver et frissonner : Matilda par Roald Dahl

Matilda est mon titre préféré dans les divers romans de Roald Dahl. Autant dire que j’étais impatiente de pouvoir le lire avec Nine. Nous avons d’abord commencé par les courts romans du même auteur (nous avons beaucoup apprécié Un amour de tortue d’ailleurs). Et puis finalement nous avons plongé dans cette grande histoire.
Matilda est une petite fille très intelligente qui vit dans une famille qui ne la comprend pas. Lorsqu’elle débute l’école, elle a la chance d’avoir une maîtresse formidable, Melle Candy. Mais la directrice est absolument horrible et terrifiante.
Nine a adoré. C’est simple, en ne lisant qu’à sa demande, nous avons lu le roman en moins de 10 jours. Un record pour un tel nombre de pages. Le personnage de Matilda a tout de suite plu à Nine et c’était génial de la voir frissonner, rire, s’impatienter au fil des pages. Elle était captivée. J’avais peur que la directrice ne soit trop méchante ou que la situation de la maîtresse soit trop compliquée à comprendre. Finalement le seul point qui a posé problème a été la fin. Le fait que les parents de Matilda partent sans elle et que la petite fille ne soit pas triste lui était impossible à imaginer. Elle a détesté la fin et adoré tout le reste.

Visiter New-York : Lily en reportage par Peggy Nille

Cet album grand format fourmille de détails et nous fait découvrir New-York. On se balade dans Central Park, au Guggenheim museum, à Greenwich village mais aussi sur le pont de Brooklyn et bien d’autres lieux.
Mi-histoire, mi-livre jeux, nous suivons Lily qui découvre la ville pour faire un reportage (autant dire qu’à la fille d’une maman blogueuse, ce genre d’idée est très parlant). Lily apostrophe régulièrement le lecteur pour lui demander s’il a vu tel ou tel détail, s’il peut aider un petit garçon en pleurs à retrouver son ballon, etc.
Un bel album, parfait pour les enfants curieux et les amateurs de livres type « cherche et trouve ».

Parler d’art : 20 histoires pour raconter les plus grands tableaux aux enfants

Techniquement ce livre me fait penser aux compilations de types « 20 histoires de princesse », sauf qu’ici chaque histoire a pour but de nous présenter une œuvre d’art.
Nous n’avons pas encore tout lu (certains tableaux n’intéressent pas du tout Nine), mais j’en ai lu suffisamment pour vous en parler.
Pour moi l’intérêt principal de ce titre était le choix des 20 tableaux. Comme je vous le disais dans cet article, Nine adore la peinture et commence à connaître beaucoup de chose. Ici en dehors de La Joconde et Les époux Annolfini elle ne connaissait aucun tableau (mais elle connaissait déjà certains peintres). On y découvre entre autre Guernica, La classe de danse de Degas, La laitière de Vermeer, etc.
Les histoires ont été écrites par deux auteurs différents et ça se ressent. Dans une première partie il y a des textes hyper précis au niveau de la technique artistique (on se sent un peu dépassé en les lisant), puis dans la seconde partie, on a des textes plus romancés. Ils sont plus accessibles même si le fait d’avoir un tableau en guise de narrateur soulève pas mal de questions chez Nine.
Ce livre est à réserver aux enfants d’au moins 6-7 ans ou aux enfants vraiment intéressés par le sujet.

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8 réponses à Dans ma bibliothèque #9

  1. tiphaine dit :

    je découvre ton blog 🙂
    merci pour cette liste de livres! peut on en avoir trop?!
    je suis intéressée par Audubon et Toqueville en particulier. Si tu aimes l’exploration americaine tu connais sans doute déjà Lewis & Clark?
    et un autre livre que je conseille dans le style de la petite maison dans la prairie (mais un peu moins triste) c’est « a lantern in her hand »

    tu m’as donné aussi envie de lire élever un enfant sauvage bien que j’ai déjà la prétention de croire que mes enfants passent beaucoup de temps dehors. mais si je les laisse ils restent très casaniers en fait. :/ Bref merci pour ces beaux partages enthousiastes!
    j’ai hate de lire ton retour sur John Holt, je l’ai vu mentionné dans le livre Zéro Déchet et ça m’a donné envie de le lire.

    • Tiphanya dit :

      Bienvenue sur le blog.
      Je connais Lewis et Clark de réputation mais je n’ai jamais rien lu d’eux ou sur eux. Et merci pour la suggestion lecture. Les quelques critiques que je viens de lire sur « a lantern in her hand » donne envie de s’y plonger.
      à bientôt !

  2. Isa LISE dit :

    Merci pour ces retours livresques, je note quelques idées.

  3. alexandra dit :

    4 fois en moins de 1à jours qu’on me parle d’Alexandra David-Néel … c’est un signe, faut que je me lance! Du coup, je commence par ses récits? Que me conseilles-tu?

    Nous allons aussi débuter Mathilda, on a adoré « les minuscules » et les filles adorent les histoires de Lily qui rend la lecture mi jeu-mi documentaire.

    Merci pour tes idées.
    alexandra Articles récents…Suite de l’aventure … à 3My Profile

    • Tiphanya dit :

      Difficile de te conseille pour Alexandra David-Néel, tout dépend ce que tu veux lire. La BD est un point de départ possible, car il y a beaucoup de souvenirs partagés sur sa vie. Donc on n’entre pas trop dans les détails, mais on a une bonne idée de la vie de cette femme.
      Son récit le plus célèbre est « voyage d’une parisienne à lhassa ». C’est le texte incontournable.
      Sinon un autre livre (que je n’ai pas lu en entier, je le picore) est « elles ont conquis le monde » qui présente de nombreuses aventurières. Mais le texte sur A. David-Néel est un peu court.

  4. martine42 dit :

    Bonjour,
    Comme je n’avais plus rien à lire, je crois que je vais attaquer Matilda qui est dans la bibli. Les « Lilly en reportage  » me tentent bien . Ainsi que Tocqueville , je ne connais pas Audubon ,cela me permettra de le faire découvrir à Melle J.
    Merci pour cette liste !
    Martine42
    martine42 Articles récents…IEF: les CPC mais pas que 2 « FRISON ROCHE »My Profile

    • Tiphanya dit :

      Bonjour,
      Mathilda est une valeur sûre et je trouve que même en grandissant on peut continuer à l’apprécier. Tocqueville et Audubon sont tous les deux un plongée dans l’Amérique des pionniers, sans que le premier croise trop d’hommes à son goût et le second évolue dans un monde qui semble désert.
      Bonne fin de week-end.

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